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Il y a 40 ans, le premier vol du Concorde

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Le 2 mars 1969, il y a exactement 40 ans et trois heures, le premier prototype du supersonique Concorde s'arrachait du sol pour la première fois, cristallisant les efforts de milliers de techniciens et d'ingénieurs et inaugurant une nouvelle époque du transport aérien civil.

Concorde lors de son dernier vol commercial au-dessus de Londres le 26 novembre 2003. Auteur : Adrian Pingstone

Aéroport de Toulouse-Blagnac, 2 mars 1969, 15 h 38. L'appareil qui fut rapidement qualifié - et l'est toujours - de « plus bel avion du monde » vient de s'élancer en bout de piste. Les milliers de curieux et de fans (on ne parle pas encore de spotters) sont parfaitement conscients qu'une page de l'aviation civile est en train de se tourner. Enfin, le commandant de bord et pilote André Turcat, qui occupe le siège de gauche, tire sur le manche. L'avion se cabre légèrement, son train arrière quitte le sol : Concorde vole !

Dans le cockpit ont également pris place le co-pilote Jacques Guignard, l'ingénieur navigant Henri Perrier et le mécanicien navigant Michel Rétif. Pour eux aussi, cet instant marquera à jamais leur vie. Concorde 001 immatriculé F-WTSS restera 28 minutes en vol lors de ce premier essai, qui sera suivi de nombreux autres, avant la mise en exploitation commerciale simultanée des deux premiers exemplaires destinés aux lignes régulières le 21 janvier 1976.

Le poste de pilotage de Concorde dans sa première version commerciale (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Auteur : Christian Kath

Inégalé mais précurseur

Durant 27 ans, Concorde sillonnera les airs à vitesse supersonique avant sa mise à la retraite définitive le 24 octobre 2003. Mais comme le déclara alors Jean-Cyril Spinetta, président d'Air France : « Le Concorde ne s'arrêtera pas vraiment car il ne sortira jamais de l'imaginaire des hommes ». Il avait raison, car Concorde est bien plus qu'un avion : c'est un mythe de l'Histoire.

Quatre décennies après ce premier vol, Concorde n'est ni égalé ni remplacé. Le TU-144 soviétique a été un échec, faute de maîtrise du vol supersonique de ses ingénieurs. Le Boeing 2707 américain était mort-né, et lorsqu'on interroge les responsables des grands constructeurs sur le vide constaté dans le domaine du vol commercial supersonique, ceux-ci répondent d'abord par un silence gêné avant d'invoquer le coût du kérosène... Le fait est qu'aujourd'hui, la vitesse du son est maintes fois dépassée par des aéronefs mais aucun constructeur ne dispose actuellement de la technique pour faire voler un avion capable de soutenir Mach 2 des heures durant dans les conditions d'une exploitation commerciale.

Oui, Concorde fut bien un précurseur, celui qu'il fallait avant tout oser construire, et dont le manque de rentabilité ne l'a pas empêché d'être à l'origine de progrès décisifs dans la science aéronautique. Aujourd'hui de très nombreux avions s'inspirent de cette avancée, comme l'Airbus A380 dont Concorde est un peu le père virtuel.

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