Dans un quotidien effréné saturé par les nuisances sonores et agressives, une nouvelle forme de dégradation de notre bien-être a vu le jour : la pollution sonore. Outre la sensation désagréable aux oreilles que peut produire un bruit trop fort ou trop présent, cela déclenche aussi d’autres réactions dans le corps allant du stress à l’affaiblissement de notre santé.


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    La perception au bruit varie beaucoup d’un individu à un autre. Alors que pour certains, le son va seulement être à l’origine d’une impression de fatigue ou un inconfort auditif, pour d’autres ce sont de véritables symptômes d’anxiété qui apparaissent. Sur le long terme, le bruit génère du stress qui se traduit de différentes manières selon l’environnement et la sensibilité propre à chacun.

    La multi-exposition et les sources bruyantes cumulées

    On emploie d’ailleurs le terme de pollution sonore pour parler de ces sources de bruits très variées mais qui, cumulées, peuvent devenir invivables. En voici quelques exemples :

    • vivre à proximité d’un axe autoroutier ou d’un aéroport ;
    • vivre dans un quartier où se trouvent plusieurs lieux de loisirs nocturnes ;
    • voisinage trop bruyant ou logement mal isolé sur le plan acoustique ;
    • utilisation par les enfants de jouets très bruyants ou de la télévision à un volume trop élevé ;
    • musique trop forte sur le lieu de travail ou dans les magasins ;
    • environnements de travail en usine, sur les chantiers…

    Ce trop plein de stimulations affecte la qualité de vie, autant au travail qu’à domicile. Cela occasionne parfois une accélération du rythme cardiaque, des étourdissements, ou une impression d’étouffer, un sentiment d’inquiétude ou encore des troubles du comportement comme l’apparition de TOC.

    Vivre à proximité d’un axe autoroutier ou d’un aéroport, véritable source de pollution sonore, engendre stress et dégradation de la qualité de vie. © Oleksandr Pidvalnyi, Pexels
    Vivre à proximité d’un axe autoroutier ou d’un aéroport, véritable source de pollution sonore, engendre stress et dégradation de la qualité de vie. © Oleksandr Pidvalnyi, Pexels

    Dans un contexte différent, la misophonie se définit par une aversions à des bruits très spécifiques. Comme le précise la fondation pour l’audition, il s’agit d’un trouble psychique qui serait provoqué par une hyperactivation cérébrale rendant certains bruits extrêmement dérangeants chez les personnes qui en souffrent. En étant focus sur ces bruits qui gênent (bruit de clavier, de mastication, de grincement…), les individus sont sujets à de l’irritabilité, de l’anxiété ou de la colère.

    Quels sont les autres effets négatifs d’une surexposition au bruit ?

    Une présence incommodante de bruit entraine des inconforts physiques comme des maux de tête et des gênes auditives. Mais sur le long terme, ces effets se répercutent sur d’autres aspects sanitaires.

    À commencer par le sommeil. Il s’agit entre autres de difficultés à l’endormissement, de nuits non réparatrices, d’insomnies ou de réveils nocturnes répétitifs. L’omniprésence de bruit altère la qualité ainsi que la durée du sommeil, qui est pourtant un élément biologique indispensable pour notre organisme. Par effet boule de neige, le manque de repos détériore d’autres aspects de la vie quotidienne tels que la concentration au travail et l’attention au volant.

    Les systèmes cardiovasculaires et immunitaires sont eux aussi touchés par les nuisances sonores. La libération excessive d’hormones (cortisol et adrénaline) et sur une longue période augmente le risque d’hypertension artérielle, d’AVC et d’infarctus du myocarde. Les défenses immunitaires sont quant à elles atteintes lorsque le niveau endocrinien est modifié.