Le syndrome de l’imposteur est la peur maladive que son incompétence soit révélée au grand jour. © Antonio Guillem, Shutterstock

Santé

Syndrome de l’imposteur

DéfinitionClassé sous :Travail , Santé , psychologie
 

Découvert aux États-Unis à la fin des années 1980, le syndrome de l'imposteur touche certaines personnes qui réussissent parfaitement dans la vie, mais ne s'en attribuent pas le mérite. Une modestie poussée à l'extrême qui signe un profond malaise.

Les femmes plus touchées par le syndrome de l'imposteur

La sensation de tromper son entourage : c'est ainsi que pourrait être décrit le syndrome de l'imposteur. Le sujet concerné estime par conséquent que, s'il réussit, ce n'est jamais grâce à ses propres qualités, mais par chance, par malentendu ou par hasard. Stéréotypes sociaux obligent, il semblerait que les femmes soient davantage touchées.

Mauvaise estime de soi et besoin de reconnaissance

Ce syndrome est avant tout lié à une mauvaise estime de soi. La façon dont « l'imposteur » vit sa situation (peur de l'échec ou, paradoxalement, angoisse d'une réussite inappropriée) va le conduire à mettre en place différentes stratégies de travail : une procrastination systématique ou bien une préparation excessive. Ce dénigrement de ses propres compétences passe en outre par un fort besoin de reconnaissance.

Combien de personnes touchées par le syndrome de l'imposteur ?

L'aspect professionnel n'est pas le seul touché par le syndrome de l'imposteur. Ainsi, associé à des troubles anxieux, il interfère avec divers aspects de la vie privée (famille, apparence physique...). Il est bien entendu difficile de quantifier le nombre de personnes concernées. Selon différents travaux, 70 % de la population doutera un jour de ses propres compétences.

Traitement du syndrome de l'imposteur

Avant tout, il ne s'agit pas d'une pathologie. Chacun peut tenter de s'en sortir par lui-même. Cependant, lorsque la situation devient invivable, une consultation peut s'avérer nécessaire. Un accompagnement de type « coaching » permettra de travailler sur la culpabilité ou sur le fait de ne plus dépendre du regard des autres.

Une psychothérapie « comportementale et cognitive » peut aussi être indiquée, notamment lorsque les troubles associés sont importants (troubles anxieux notamment). En effet, ces « imposteurs » sont souvent leur propre tyran et vivent dans la peur que tout s'écroule.

Sources :

  • Interview de Kevin Chassangre, psychologue clinicien, chargé de cours à l'université Toulouse-Jean-Jaurès, coauteur (avec Stacey Callahan) de l'ouvrage Le syndrome de l'imposteur, éditions Dunod, 2015.
  • Interview de Bruno Lefebvre, psychologue clinicien, associé-fondateur du cabinet @Alter_Alliance.
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