Quelle est l’efficacité de la mémoire immunitaire après avoir reçu un vaccin ARNm et sa capacité à reconnaître les variants du SARS-CoV-2 ? © Pixel-Shot, Adobe Stock
Santé

La mémoire immunitaire post-vaccinale reconnait-elle les variants du SARS-CoV-2 ?

ActualitéClassé sous :vaccin anti-Covid , Variant du coronavirus , mémoire immunitaire

[EN VIDÉO] Covid-19 : combien de temps dure l’immunité ?  La quantité d'anticorps chez les patients infectés au SARS-CoV-2 est terriblement variable au fil du temps et selon les personnes. © Futura 

Des chercheurs français ont mené des travaux sur la mémoire immunitaire générée après vaccination ARNm et sur sa capacité à se réactiver pour produire des anticorps et neutraliser les variants du SARS-CoV-2. Leur étude démontre que les patients infectés lors de la première vague maintiennent une réponse mémoire stable jusqu'à 12 mois.

Des équipes de chercheurs français ont mené des travaux sur la capacité de la mémoire immunitaire générée après vaccination ARNm à reconnaître et neutraliser les variants du SARS-CoV-2. Ces travaux, coordonnés par les professeurs Mahévas, Reynaud, Weill, Chappert, Rey et Bruhns, montrent que des personnes vaccinées avec un vaccin à ARN messager contre le SARS-CoV-2 développent des défenses contre les variants Beta et Delta. Leur système immunitaire produit en effet des cellules à mémoire capables de reconnaitre et neutraliser les variants préoccupants. Les résultats de cette étude ont fait l'objet d'une publication le 20 septembre 2021 au sein de la revue Immunity.

La mémoire immunitaire est un mécanisme qui protège les individus contre la réinfection. Cette stratégie de défense de l'organisme, qui est à la base du succès des vaccins, comprend la production d'anticorps protecteurs dans le sang (détectés par sérologie) ainsi que la formation de cellules à mémoire, capables de se réactiver rapidement en cellules productrices d'anticorps lors d'une nouvelle infection.

Les équipes de l'hôpital Henri-Mondor AP-HP et de l'Université Paris-Est Créteil, de l'Inserm, du CNRS, d'Université de Paris, au sein de l'Institut Necker-Enfants malades, et de l'Institut Pasteur ont étudié le devenir des cellules B à mémoire chez des patients vaccinés par le vaccin à ARN messager et leur capacité à reconnaitre et à neutraliser les variants du SARS-CoV-2.

Le vaccin confère « une excellente mémoire sérologique et cellulaire »

Cette étude démontre que les patients infectés lors de la première vague maintiennent une réponse mémoire stable jusqu'à 12 mois, et développent, après une dose de vaccin, une excellente mémoire sérologique et cellulaire capable de reconnaître et de neutraliser les variants Beta et Delta du SARS-Cov-2.

Chez les patients « naïfs » de toute infection, c'est-à-dire n'ayant jamais été infectés par le virus, la qualité de la réponse sérologique est initialement moins efficace vis-à-vis de ces variants. Néanmoins, le pool de cellules à mémoire généré après la vaccination s'améliore au cours du temps et surtout contient des cellules capables de reconnaître et de neutraliser les variants actuels du SARS-CoV-2.

Ces résultats ont été obtenus en étudiant la maturation de cellules B à mémoire de 47 patients ayant contracté la Covid-19 lors de la première vague et de 25 soignants « naïfs » n'ayant pas été infectés par le virus.

Les chercheurs ont étudié le devenir des cellules B à mémoire. © Inserm

De l'utilité de la troisième dose

Ceci suggère très fortement que les cellules à mémoire des personnes vaccinées avec deux doses de vaccins (ou une seule pour ceux ayant préalablement contracté la Covid-19) protègent des formes graves dues aux variants de la Covid-19, en soutien des anticorps protecteurs présents dans le sang. Ce résultat très encourageant suggère aussi qu'en cas de forte circulation virale due aux variants du SARS-CoV-2, une troisième dose de vaccin, en utilisant les vaccins actuellement disponibles contenant la Spike originale de Wuhan, devrait permettre de générer rapidement des anticorps neutralisant les variants Beta et Delta présents actuellement et de réduire la circulation virale.

Ces travaux ont bénéficié d'un financement de la Fondation pour la Recherche médicale dans le cadre de l'appel de l'ANR-Flash Covid (Projet Memo-Cov-2) et d'un financement ERC (European Research Council Advanced Grant B-response).

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