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VIH : des globules blancs trop actifs à éliminer ?

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Les monocytes, des membres de la famille des globules blancs, pourraient bien entraver l'élimination du VIH lorsqu'ils sont très actifs. Les scientifiques travaillent déjà à la mise au point d'anticorps spécifiques pour les éliminer et proposer un nouveau traitement contre le Sida.

Les globules blancs forment une grande famille composée de nombreux types cellulaires, dont les monocytes et les lymphocytes T. En cas d'infection par le VIH, ces premiers sont surexprimés tandis que le virus du Sida s'attaque aux seconds. © Anne Weston, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Lors de l'infection par le VIH, un cercle vicieux d'hyperactivation du système immunitaire entrave l'élimination du virus. Des chercheurs de l'Institut Cochin, avec le soutien de l'Agence nationale de la recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS), montrent que cette hyperactivation pourrait reposer sur une population particulière de globules blancs, une possible nouvelle piste thérapeutique. 

Le VIH a pour cible principale les lymphocytes T CD4. Au niveau de l'intestin, ces lymphocytes en permanence activés par le voisinage des bactéries intestinales deviennent le lieu de l'infection par le virus, induisant leur destruction. La paroi intestinale, fragilisée, laisse alors passer des produits bactériens comme le lipopolysaccharide (LPS) dans le sang. Ces produits entraînent une hyperactivation du système immunitaire, avec la production de cytokines inflammatoires, qui à leur tour provoquent davantage d'activation des lymphocytes T CD4. Un cercle vicieux difficile à contrôler par les antirétroviraux, même quand ils sont efficaces sur la charge virale plasmatique.

Des globules blancs trop actifs empêchent le système immunitaire d'éliminer son pire ennemi : le VIH. © Fotolia

Des monocytes qui hyperactivent le système immunitaire

Les chercheurs de l'Institut Cochin ont confirmé dans la revue Blood que les patients ayant du VIH détectable dans leur plasma présentaient une plus forte réaction de leurs cellules sanguines au LPS en comparaison de ceux débarrassés de ce virus dans leur sang grâce à un traitement antirétroviral. En analysant toutes les populations cellulaires susceptibles de produire des cytokines inflammatoires en réponse au LPS, ils ont découvert qu'une petite population de globules blancs, des monocytes porteurs de la molécule MDC-8, était plus abondante chez les patients réagissant au LPS, et qu'elle était la principale responsable de la production exagérée d'une cytokine inflammatoire, le TNF-a.

Les monocytes MDC-8 sont déjà bien connus dans les lésions d'une maladie inflammatoire chronique de l'intestin, la maladie de Crohn, et d'autres maladies inflammatoires chroniques. Les chercheurs suggèrent qu'une destruction spécifique de cette population pourrait être induite par l'injection d'anticorps spécifiques. Cette stratégie permettrait de compléter l'action des antirétroviraux en interrompant, d'une manière très ciblée, le cercle vicieux d'hyperactivation du système immunitaire.

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