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Sida : le traitement que l’on attendait ?

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Un nouveau traitement contre le VIH, basé sur deux ARN (un guide et un soldat) s'est avéré très efficace sur des souris. Si cela se confirme chez l'Homme, une telle stratégie pourrait aider les malades du Sida, et peut-être être appliquée à d'autres maladies.

Les tests sur les souris permettent d'aider à trouver de nouveaux traitements. © Phovoir

La piste d'un nouveau traitement contre le virus du Sida est ouverte. John Rossi et ses collègues de l'Université du Colorado à Fort Collins, aux États-Unis, ont associé deux molécules d'ARN pour cibler le VIH dans les cellules infectées. Chacune joue un rôle clé. La première guide vers les cellules contaminées la seconde, qui attaque le virus. Cette approche a été testée pour le moment sur des souris auxquelles avaient été transplantées des cellules souches de sang humain.

Les aptamères sont de petites molécules d'ARN qui jouent le rôle de guides pour mener les ARNsi - autres molécules d'ARN - jusqu'aux cellules infectées. Jusqu'à présent, « l'obstacle majeur dans l'utilisation des ARNsi seules était de les protéger de la dégradation et de ne leur faire pénétrer que les cellules ciblées », explique Monsef Benkirane, du laboratoire de virologie moléculaire et de l'institut de génétique humaine à Montpellier. L'association des aptamères à ces molécules « très puissantes une fois à l'intérieur de la cellule », permet d'épargner les cellules saines.

Des applications à d’autres maladies

Une fois dans la cellule infectée, l'ARNsi bloque la réplication virale. Résultat : la production du virus par la cellule infectée est inhibée. L'équipe de John Rossi a testé ce traitement sur des souris porteuses de cellules souches de sang humain. Leur système immunitaire était donc calqué sur celui de l'Homme et les résultats ont été probants. Une seule injection du traitement a permis d'« entraîner la chute de la concentration en VIH ». « En aucun cas toutefois, ces molécules ne peuvent éliminer totalement le virus de la cellule », rappelle Monsef Benkirane.

 « Si cette méthode était développée pour l'Homme, il s'agirait d'une solution révolutionnaire. On peut en effet imaginer son utilisation dans le traitement d'autres maladies, comme certains cancers ou des affections génétiques », souligne-t-il. En attendant, l'objectif est de « formuler un dosage tel qu'une injection unique chaque mois serait suffisante pour traiter les patients ne répondant plus aux traitements ».

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