Des chercheurs annoncent la prochaine mise au point d'un capteur capable de détecter dans l’air expiré les marqueurs d’un cancer du poumon. Une telle méthode permettrait une prise en charge plus précoce de la maladie et une meilleure chance de rémission.
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Certains cancers, comme celui du poumon ou de l'estomac, sont plus difficiles que d'autres à diagnostiquer. En effet, les symptômessymptômes associés sont souvent identiques à ceux que l'on rencontre dans de nombreuses petites pathologiespathologies sans gravitégravité, comme une toux récurrente. C'est lorsque la tumeurtumeur progresse et atteint un stade bien avancé que l'on détecte alors la maladie. Bien souvent, il est trop tard.

C'est pourquoi il serait précieux de mettre au point une technique permettant un diagnostic plus précoce de ces cancers. Des chercheurs espagnols viennent de se voir accorder le droit d'entamer les phases de tests pour un capteur permettant de détecter certains marqueurs retrouvés dans l'airair expiré par des patients atteints d'un cancer du poumoncancer du poumon.

Au préalable, des sujets de l'hôpital Donastia à Saint-Sébastien, en Espagne, tous atteints d'une tumeur pulmonaire, ont permis grâce à des échantillons de leur souffle de définir précisément quels sont les marqueurs qui varient entre la situation normale et pathologiquepathologique. On trouve une centaine de moléculesmolécules différentes lorsque l'on expire, mais les concentrations de certains composants varient.

Des cellules du cancer de poumons, ici vues en microscopie électronique à balayage, induisent des changements dans les concentrations des constituants de l'haleine. Ce sont ces modifications qui seraient ciblées par le dispositif. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Des cellules du cancer de poumons, ici vues en microscopie électronique à balayage, induisent des changements dans les concentrations des constituants de l'haleine. Ce sont ces modifications qui seraient ciblées par le dispositif. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Les composants de l’haleine comme marqueurs

Grâce à une chromatographie en phase gazeusechromatographie en phase gazeuse (technique de séparationséparation des différentes molécules d'un mélange) associée à une spectrométrie de massespectrométrie de masse (qui analyse les molécules grâce à leur masse), les chercheurs ont pu estimer les quantités de chaque substance dans les échantillons. Complétées par une analyse statistique, ils pensent donc être en mesure de discriminer un profil sain d'un profil pathologique.

En parallèle de cette enquête, des capteurs plus sensibles ont été développés pour améliorer la qualité de la précision des mesures pour réaliser un diagnosticdiagnostic plus fiable. Si l'efficacité était alors avérée, ce serait un pas en avant pour la recherche contre le cancer car une détection plus précoce des tumeurs implique une meilleure chance de rémissionrémission.

Cependant, cette idée n'est pas nouvelle. Cet été, des scientifiques allemands ont étudié l'utilisation de chienschiens pour détecter à l'odeur le cancer du poumon. En 2009, une technique d'analyse de l'haleine avait déjà été avancée par des chercheurs israéliens, dans Nature, basée plutôt sur la détection de quatre marqueurs spécifiques. Ils sont allés plus loin en 2010 en affirmant dans The British Journal of Cancer qu'ils pourraient même faire reconnaître par ce neznez électronique des cancers de l'intestin ou de la prostateprostate.

L'important, désormais, est qu'un test efficace débarque au plus vite dans les hôpitaux. Qu'il soit israélien ou espagnol.