Une récente méta-analyse de 192 études épidémiologiques, parue dans la revue Nature, précise l'âge moyen des désordres mentaux. Dans la plupart des cas, ils surviennent pendant l'adolescence. 

Nous en parlions déjà dans un précédent article. Notre santé mentale durant l'adolescence affecte l'ensemble de notre parcours de vie, jusque dans nos cellules. Si nous savions déjà que l'adolescenceadolescence était une période charnière pour le développement, les études épidémiologiques sont éparses et il était difficile de connaître l'âge moyen d'apparition des différents troubles mentaux. Cette superbe méta-analyse nous apporte de précieuses données sur la question en combinant des études concernant des cohortes de naissances, des études transversales et des études d'observation classiques. 

Des pics d'apparitions variables 

Sans surprise, les troubles causés par une altération du développement cérébral tel que le trouble du spectre autistique, débutent très tôt, vers l'âge de cinq ans en moyenne. Il en va de même pour les troubles reliés à l'anxiété et à la peur. Du côté des troubles obsessionnels compulsifs, l'âge d'apparition moyen se situe vers 14 ans suivi des troubles du comportement alimentaire et les troubles associés au stressstress vers l'âge de 15 ans. Les troubles schizophréniques, les troubles de la personnalité et les troubles de l'humeur apparaissent plus tardivement en moyenne, mais toujours à un âge relativement jeune, aux alentours de 20 ans. 

L'apparition des troubles mentaux se concentre vers l'adolescence à l'exception des troubles neurodéveloppementaux et des troubles liés à l'anxiété. © Plus, Adobe Stock
L'apparition des troubles mentaux se concentre vers l'adolescence à l'exception des troubles neurodéveloppementaux et des troubles liés à l'anxiété. © Plus, Adobe Stock

Être attentif en contexte clinique 

Ces résultats sont d'une importance cruciale. Les auteurs de la revue le précisent, nous savons que plus ces troubles sont pris en charge de façon précoce, meilleur est le pronosticpronostic. Malheureusement, nous savons également que ces troubles sont largement sous-diagnostiqués. Ces informations sont primordiales pour accroître la vigilance des cliniciens dans le repérage et le dépistagedépistage de ces troubles. Ils pourraient aussi servir à mettre en place des journées de préventionprévention et d'informations afin que les manifestations des troubles puissent aussi être détectées par l'entourage proche

L'étude en question a des limites, notamment à cause de l'hétérogénéité des études incluses et des méthodes de calcul employées. Pour autant, cela reste l'une des seules compilations de données qui apporte ce type d'information. L'épidémiologie de chaque trouble devra être affinée au sein de chaque pays. Malgré ces limites, cette analyse fournit des informations cruciales pour les cliniciens et les chercheurs en santé publique.