Six personnes ont contracté une maladie virale potentiellement mortelle aux États-Unis après avoir séjourné dans un camping du Parc de Yosemite. Deux d’entre elles sont mortes. En tout, 10.000 vacanciers pourraient encore déclarer la maladie, dont 53 familles françaises.
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C'est du jamais vu. Depuis 1993, on savait que l'hantavirus Sin Nombre pouvait se transmettre de la souris à l’Homme et causer des troubles pulmonaires mortels. Sur le territoire américain, plus de 580 cas ont été constatés durant ces 19 dernières années, et plus d'un tiers des malades ont trouvé la mort. Jusque-là, les infections avaient toujours été isolées. Cette fois c'est différent : six personnes auraient été contaminées dans un même camping depuis le 10 juin dernier dans le parc naturel de Yosemite, en Californie. Et d'autres cas sont suspectés...

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, chargés de la surveillance des maladies, estiment à près de 10.000 les personnes à risques de contracter la maladie. Au cours de l'été, très précisément entre le 10 juin et le 21 août, date à laquelle tout a été nettoyé en profondeur, 2.900 groupes se sont succédé dans les cabines du Curry Village, situé à environ 1.000 m d'altitude dans la Sierra Nevada. Parmi elles, 53 familles de touristes français, susceptibles d'avoir attrapé le virus.

Le parc de Yosemite accueille chaque année près de 4 millions de visiteurs qui viennent admirer ses paysages uniques. © Urban, Wikipédia, DP

Le parc de Yosemite accueille chaque année près de 4 millions de visiteurs qui viennent admirer ses paysages uniques. © Urban, Wikipédia, DP

Des centaines de Français concernés, deux cas suspects

Pour l'heure, le ministère de la Santé français a mis en place un numéro vert pour toute information : 0 800 636 636. Il est également entré en contact avec toutes les personnes concernées et fait état de deux cas suspects. Il ne peut pour le moment fournir davantage de précisions, les analyses étant toujours en cours. Cependant, les symptômessymptômes n'ont rien de rare : bénins au début, l'infection se manifeste par une fièvre, des maux de tête et d'intestin ou encore de toux. Mais la maladie s'en prend parfois de manière plus agressive aux poumonspoumons en infligeant une pneumoniepneumonie entraînant la mort une fois sur trois.

L'Homme n'est pas l'hôtehôte principal de ce virus, qui colonise préférentiellement les rongeursrongeurs comme les souris ou les campagnols. Excrétés dans les excréments, les urines ou la salivesalive, il atteint l'espèceespèce humaine quand de la poussière de boisbois ou de la terreterre contaminée est inhalée. Le syndromesyndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) qui en découle n'est pas transmissible entre Hommes.

Une fois infecté, les symptômes apparaissent au bout de une à six semaines. Il est important de réagir le plus vite possible pour une meilleure prise en charge car il n'existe aucun traitement.

Les souris de l'espèce <em>Peromyscus maniculatus</em> sont les rongeurs responsables de cette épidémie, probablement avec des campagnols du genre <em>Microtus</em>. © CDC, DP

Les souris de l'espèce Peromyscus maniculatus sont les rongeurs responsables de cette épidémie, probablement avec des campagnols du genre Microtus. © CDC, DP

Des rongeurs en surpopulation ?

Les autorités manifestent leur étonnement face à tous ces malades simultanés. Seuls deux cas de SPV avaient été décelés jusqu'alors dans le parc de Yosemite et encore c'était dans un autre endroit : un premier en 2000 et un autre dix ans plus tard. Pour ce deuxième, des analyses de la population de rongeurs révélaient que 18 % des souris de la région étaient infectées.

Dans ce cas présent, les spécialistes supposent que les populations de rongeurs sont anormalement élevées. Ils imputent cela au fait que l'hiverhiver dernier, un épais manteaumanteau neigeux est venu recouvrir la région, qui a au printemps fourni à la terre de grandes quantités d'eau, permettant à la végétation de fleurir, à la vie de s'épanouir... et aux souris de proliférer. Depuis, des pièges ont été mis en place. Les investigations se poursuivent toujours.