Santé

Une fontaine de jouvence trouvée dans des glandes mammaires de souris

ActualitéClassé sous :médecine , vieillissement , cancer du sein

Chez des souris transgéniques âgées, des chercheurs canadiens ont observé que l'absence des molécules TIMP1 et TIMP3 conservait le tissu jeune. Les TIMPs sont des inhibiteurs de métalloprotéinases, des enzymes impliquées dans le remodelage des tissus.

Le secret de la jeunesse éternelle a-t-il été trouvé ? © m a n d o l i n, Flickr, cc by nc nd 2.0

Le sein est un tissu qui se réorganise tout au long de la vie : il se développe à la puberté, se modifie par cycles chez la femme adulte et de nouvelles structures apparaissent et régressent en fonction des grossesses et de l'allaitement. Il représente donc un bon modèle pour comprendre le renouvellement tissulaire.

Dans un tissu en renouvellement, des métalloprotéinases (ou MMPs) sont comme des entrepreneurs qui travaillent constamment à la destruction et à la reconstruction du tissu. En même temps, des protéines tentent de diriger leurs travaux : les inhibiteurs tissulaires de métalloprotéinases, ou TIMPs (tissue inhibitor of metalloproteinase). Si la communication entre ces facteurs et les enzymes qu'ils dirigent est mauvaise, le tissu est affecté et le cancer peut en être une conséquence.

Au cours du vieillissement, nos tissus perdent leur capacité à se développer et à se réparer aussi vite que lorsque nous étions plus jeunes. Les cellules souches, abondantes chez les jeunes, déclinent au cours du temps. Chez la femme, l'âge représente le principal facteur de risque de cancer du sein.

Le sein contient des glandes mammaires qui évoluent au cours de la vie de la femme. © Gray's Anatomy, Planche 1172, Wikimedia Commons, DP

Le tissu reste jeune sans TIMP1 et TIMP3

Pour comprendre comment TIMPs et métalloprotéinases interagissent, des chercheurs de l'université de Toronto ont utilisé des souris chez qui il manquait un ou plusieurs TIMPs. Ils ont testé plusieurs combinaisons de TIMPs. Dans leurs résultats parus dans la revue Nature Cell Biology, les chercheurs expliquent qu'ils ont trouvé que, si on retirait TIMP1 et TIMP3, le tissu restait jeune chez des souris âgées : sans ces inhibiteurs, plus de vieillissement du tissu !

Par ailleurs, sans les protéines TIMP1 et TIMP3, le stock de cellules souches restait fonctionnel tout au long de la vie des souris. Or, comme l'explique Rama Khokha, auteur de ces travaux, normalement ces stocks de cellules souches atteignent leur pic à 6 mois chez les souris puis commencent à décliner. Le résultat est que les glandes mammaires commencent à dégénérer, ce qui augmente le risque de cancer du sein. Mais ce n'est pas le cas ici : « Cependant, nous avons trouvé que chez ces souris particulières, les cellules souches restent systématiquement élevées quand nous les avons mesurées à chaque étape de la vie. »

Malgré ce grand nombre de cellules souches, il n'y avait pas de risques accrus de cancer« On suppose généralement que la présence d'un grand nombre de cellules souches peut conduire à une augmentation du risque de cancer. Mais nous avons trouvé que ces souris n'avaient pas plus de prédisposition au cancer. »

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