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Danser sur la musique metal peut faire saigner le cerveau

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La pratique du headbanging, ces mouvements violents de va-et-vient de la tête effectués par des fans de musique metal, a provoqué une hémorragie cérébrale chez un homme. Généralement considérée sans risque pour la santé, cette danse pourrait être dangereuse pour un petit nombre de personnes.

Les pratiquants de headbanging synchronisent leur gestuelle de la tête sur les rythmes ultrarapides des morceaux de metal, joués ici par le batteur de Motörhead. Les techniques sont variées : up and down, (de haut en bas), circular swing (pour moulin à vent, mouvement circulaire de la tête) ou encore side-to-side (de gauche à droite). © Mark Marek, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

Un cinquantenaire allemand a développé un hématome sous-dural chronique, après avoir fait du headbanging, une danse impliquant de rapides et forts mouvements de la tête, lors d'un concert du groupe de métal Motörhead. C'est ce que rapporte un article de The Lancet rédigé par une équipe médicale de l'hôpital universitaire de Hanovre.

Le patient a été hospitalisé en neurochirurgie après deux semaines de céphalées très douloureuses. Il lui a été diagnostiqué, sur le côté droit de la tête, un épanchement continu de sang entre les tissus des méninges qui entourent le cerveau. Comme aucun traumatisme crânien n'était détecté, les médecins ont questionné le patient pour en déterminer la cause : d'intenses mouvements de flexion-extension de la tête un mois plus tôt, ayant entraîné une rupture des veines.

Pour évacuer le caillot de sang qui menaçait la santé du patient, les chirurgiens ont dû procéder à un trou de trépan dans son crâne et poser un drain sous-dural. Les céphalées ont alors cessé au huitième jour postopératoire. Après deux mois de suivi, le trépané ne présentait plus aucun symptôme et l'imagerie de sa tête montrait la disparition complète de l'hématome.

Outre le headbanging, d'autres pratiques de festivaliers peuvent être dangereuses pour leur santé ou celle d'autrui. Ici, un panneau en bordure de scène rappelle aux fans de musique qu'il est interdit de danser en se bousculant les uns les autres (moshing, pogoter en français) ou de se jeter dans la foule depuis la scène (crowd surfing, slammer). © Joe Mabel, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

Des traumatismes qui restent des cas isolés

Trois autres cas d'hématomes sous-duraux secondaires ont par ailleurs été décrits dans les mêmes circonstances, dont un reclassé en hématome subaigu ayant entraîné la mort. Lancé dans les années 1970 et impliquant jusqu'à 200 mouvements par minute, le headbanging a aussi à son actif des cas de dissection de l'artère carotide, de fracture de la deuxième vertèbre cervicale ou encore de coup du lapin.

Cependant, une faible proportion de pratiquants serait exposée à de tels traumatismes. Pour l'association britannique pour les lésions au cerveau Headway, « des mouvement répétitifs et agressifs de la tête peuvent causer des dégâts au cerveau car il bouge à l'intérieur du crâne. Mais il s'agit d'un cas très rare ».

Sans dénoncer la pratique, l'auteur principal de l'étude, le neurochirurgien Ariyan Pirayesh Islamian, de l'hôpital universitaire de Hanovre, signale que « l'incidence [du headbanging] pourrait être plus élevée car les symptômes de ce type de blessure sont souvent silencieux sur le plan clinique ou n'entraînent que des maux de tête modérés qui disparaissent spontanément ». Pour lui, une chose est sûre : si le patient s'était rendu à un concert de musique classique, il en serait sorti indemne.

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