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Les chiffres salés du diabète

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Selon les chiffres annoncés par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, le diabète a fortement augmenté en 2009, concernant maintenant 4,4 % de la population, soit 2,9 millions de personnes en France. Une mauvaise nouvelle compensée par une mortalité des diabétiques en baisse.

Le diabète est en forte augmentation en France. Les causes sont multiples et englobent entre autres l'obésité, le vieillissement de la population et la diminution de la mortalité due au diabète. © DR
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À quelques jours de la Journée mondiale du diabète qui aura lieu dimanche, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire publie les chiffres salés du diabète pour l'année 2009. La maladie est en nette progression en France puisqu'en 2009 elle atteint 4,4 % de la population soit 2,9 millions de personnes, des chiffres bien supérieurs à ceux de l'année 2000 : 2,6 % et 1,6 million de personnes.

L'accroissement annuel atteint près de 4,7 %, mais s'il est tiré vers le haut par les populations les plus âgées, il concerne néanmoins toutes les tranches d'âge. En dessous de 44 ans, la prévalence est de 0,4 %, un chiffre dérisoire par rapport à la population des plus de 75 ans qui comptent 14,8 % de diabétiques. Les hommes sont aussi en moyenne plus touchés que les femmes. La prévalence maximale est donc atteinte par les hommes entre 75 et 79 ans, dont près de 1 sur 5 est traité pour le diabète (19,7 %) contre seulement une femme sur 7 au même âge.

Disparités suivant l'âge, le sexe, la région

Il existe également une disparité des cas de diabète en fonction des régions. Le Nord-Est de la métropole est davantage concerné par la maladie, avec des taux de prévalence supérieurs à 5,2 % dans ces régions (Picardie, Champagne-Ardenne...), contre moins de 3,2 % en Bretagne, en Loire-Atlantique ou à Paris. Les territoires d'outre-mer sont encore plus touchés, avec plus de 8 % de la population concernée à la Réunion ou en Guadeloupe, où d'ailleurs les femmes, à l'inverse de la métropole, sont plus atteintes que les hommes.

Les chiffres avancés s'appuient sur des données obtenues de l'Epas (échantillon permanent des assurés sociaux) et du Sniiram (système national d'information interrégimes de l'Assurance maladie), les diabétiques étant considérés comme tels dès la délivrance d'antidiabétiques oraux ou d'insuline à au moins trois dates différentes au cours de l'année. Si les conclusions sont exactes, comment peut-on expliquer une telle progression ?

Différentes causes de l'augmentation du diabète

De nombreux facteurs sont à prendre en compte. Le diabète de type 2 est favorisé par le surpoids et l’obésité, qui sont en forte croissance dans notre pays. Les États-Unis, un des pays au plus fort taux d'obésité, avait déjà atteint en 2000 une prévalence du diabète similaire à celui de la France aujourd'hui. L'écart de prévalence du diabète entre ces deux pays diminue d'ailleurs au cours du temps. Le vieillissement de la population augmente aussi le nombre et la proportion de malades.

La malbouffe entraîne une augmentation de l'obésité et du diabète au sein de la population. © FreeFoto, CC by-nc-nd 3.0

Mais le dépistage s'est aussi intensifié, permettant de diagnostiquer davantage de malades. De plus, grâce à l'utilisation massive de traitements qui augmentent la durée de vie des malades, le taux de mortalité des diabétiques a diminué de presque 10 % entre la période 2000-2006 et 2009 (32/1.000 à 29,5/1.000). Les risques cardiovasculaires sont traités avec des hypotenseurs chez 76,1 % des patients diabétiques (contre 68,7 %), le traitement à la statine (anticholestérolémiant) est passé de 23,9 % à 51,6 %, et les antiagrégants plaquettaires ont progressé de 25,8 % à 35,4 %.

En résumé, on retiendra une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c'est que la mortalité liée au diabète a fortement diminué. La mauvaise est que la progression du nombre de cas de diabète dépasse déjà aujourd'hui les prévisions les plus pessimistes envisagées par des experts pour 2016 ! Si pour l'heure les traitements ne sont pas curatifs, le développement de nouvelles thérapies pourront peut-être résoudre ce problème de santé publique.

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