Santé

Cellules souches : la pigmentation de la peau recréée in vitro

ActualitéClassé sous :médecine , vitiligo , albinisme

Une équipe française est parvenue à recréer les cellules responsables de la couleur de la peau à partir de cellules souches. Ces mélanocytes obtenus in vitro pourraient être utilisés pour traiter certaines pathologies comme l'albinisme, le vitiligo ou encore le syndrome de Waardenburg.

L'obtention de mélanocytes à partir de cellules souches pourra peut-être permettre de traiter le vitiligo ou l'albinisme. © Inserm

Des chercheurs français sont parvenus à obtenir in vitro des mélanocytes, les cellules qui donnent cette coloration brune à notre peau. Cette première pourrait constituer, à terme, une alternative aux patients atteints de maladies telles que l'albinisme ou le vitiligo.

Pour Marc Peschanski et ses collaborateurs de I-Stem/Inserm d'Évry, tout a commencé en 2009 lorsqu'ils sont parvenus à reconstituer de l'épiderme à partir de cellules souches. Dans le prolongement de ce travail, ils viennent aujourd'hui de créer « une population pure et homogène de mélanocytes capables de produire de la mélanine et de s'intégrer à l'épiderme ».

Du colorant pour la peau ?

Ils ont pour cela travaillé à partir de cellules souches pluripotentes. Autrement dit reprogrammées par génie génétique, de sorte à obtenir des cellules dotées d'une capacité d'expansion illimitée. Mais aussi capables de produire d'autres types de cellules, susceptibles de former un tissu de l'organisme.

Ces cellules nouvellement créées ont ensuite tenu toutes leurs promesses. Les scientifiques ont découvert qu'elles s'inséraient parfaitement au niveau de la couche basale de l'épiderme. Et surtout qu'elles étaient capables de transférer la mélanine produite - le pigment qui donne sa couleur à la peau - aux kéranocytes de l'épiderme. Donc de « colorer » la peau.

Les cellules souches manipulées ont permis d'obtenir des mélanocytes in vitro. © KaYann-Fotolia

Voilà qui semble relativement simple en apparence. Mais en apparence seulement comme le soulignent Christine Baldeschi et Xavier Nissan, deux des auteurs de ce travail : « Cette communication cellulaire est en effet fondamentale, à la fois pour protéger les kératinocytes du 'stress' lié aux ultraviolets, et également pour repigmenter la peau après une éventuelle greffe».

À l'avenir, ces cellules pourraient être utilisées dans la prise en charge du vitiligo, une affection de l'épiderme caractérisée par l'apparition de taches blanches et dépigmentées. Mais pas seulement. Les auteurs citent également des maladies génétiques comme le syndrome de Waardenburg ou le syndrome de Griscelli.

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