Santé

Cancer : un vaccin efficace pour les souris testé chez l’Homme dès 2013

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La protéine antigénique MUC1, retrouvée dans trois-quarts des cancers mortels, est la cible d'un vaccin qui a réduit le volume des tumeurs de 80 % chez des souris. Prochaine étape : vérifier son efficacité chez l'Homme avec les premiers essais prévus en 2013.

MUC1 est une protéine transmembranaire de grande taille retrouvée dans de nombreuses cellules épithéliales sous forme glycosylée. Elle comporte un site de clivage dans sa partie extracellulaire qui lui permet d'intégrer le mucus. Ici on peut voir sa structure tridimensionnelle. © emw, Wikipédia, cc by sa 3.0
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La piste n'est pas nouvelle mais révèle son efficacité. La protéine MUC1 appartient à la famille des mucines, retrouvées principalement dans les mucus (des sécrétions visqueuses comme les glaires ou la morve). Elle contribue à protéger et assurer le bon fonctionnement des épithéliums muqueux. MUC1 et ses consœurs ont également la particularité d'être fortement glycosylées, c'est-à-dire qu'elles se lient à des glucides (sucres) de manière covalente. On savait également cette MUC1 produite de manière anarchique et importante dans la plupart des cellules malignes, en plus d'être moins glycosylée. D'où l'idée de plusieurs laboratoires de l'utiliser comme antigène pour produire un vaccin qui protègerait du cancer.

Les travaux réalisés dans ce sens par Geert Jan Boons et son équipe de l'université de Géorgie et de la clinique Mayo (États-Unis) démontrent tout l'intérêt de poursuivre les recherches encore un peu plus loin. Les résultats publiés dans Pnas semblent démontrer toute l'efficacité de leur vaccin sur des souris.

MUC1 est retrouvée dans 7 cancers mortels sur 10

Les cellules cancéreuses, pour ne pas se faire détecter par le système immunitaire de l'organisme qu'elles agressent, se travestissent en ajoutant des glucides sur leurs protéines de surface. Dans le cas de MUC1, cette glycosylation est moins importante que dans une cellule saine, si bien que son motif antigénique diffère de celui retrouvé dans les cellules de l'organisme. Cela a suffi aux scientifiques pour créer un vaccin qui ne cible que les cancers.

Les tumeurs des souris testées ont alors perdu 80 % de leur taille, uniquement grâce à la stimulation efficace de leur système immunitaire. Si ces mêmes résultats se retrouvaient chez les Hommes, ce pourrait être le traitement avec la plus grande efficacité.

À l'avenir, peut-être serons-nous obligatoirement vaccinés dès l'enfance contre le cancer, comme c'est déjà le cas aujourd'hui pour le tétanos ou la diphtérie. © Sanofi Pasteur, Flickr, cc by nc nd 2.0

Les auteurs de l'étude sont persuadés que cette thérapie est une réelle perspective d'avenir. On retrouve cette forme de MUC1 dans 90 % des cancers du sein et du pancréas, et dans 60 % d'autres formes tumorales, comme celles de la prostate, du côlon ou des ovaires. Au final, on estime MUC1 impliquée dans plus de 7 cancers mortels sur 10.

Pas une fin en soi

Mais il ne faut pas crier encore victoire puisque l'étude n'en est qu'à ses balbutiements. Reste encore la phase la plus délicate, à savoir la réussite des tests cliniques. Ceux-ci pourraient commencer dès 2013 pour, à terme si l'efficacité est révélée et les risques d'effets secondaires importants écartés, une mise sur le marché d'un vaccin vers 2020.

« Nous commençons seulement à avoir des thérapies qui apprennent à notre système immunitaire à combattre ce que l'on trouve uniquement dans les cellules cancéreuses, commente Geert Jan Boons. Si on combine cette approche avec un diagnostic précoce, nous avons l'espoir de maîtriser un jour le cancer. » Ce jour viendra probablement, mais reste maintenant à savoir quand...

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