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Les cabines UV pourraient faire 80 morts chaque année en France

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Des médecins français font part de leur inquiétude face aux cabines UV, qui occasionneraient la mort de 19 à 76 personnes chaque année sur le territoire national. Ils appellent à une plus grande sensibilisation sur les risques d'une exposition aux UV, certains plaident même pour l'interdiction pure et dure des salons de bronzage.

Les taux de cancers de la peau chez les femmes de moins de 40 ans sont en augmentation. Les UV artificiels des salons de bronzage sont fortement incriminés. © Phovoir

« Une séance dans une cabine de bronzage en France, c'est l'équivalent d'une exposition de même durée au soleil de midi, sur une plage des Caraïbes et sans protection solaire » ! Dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié ce mardi, des médecins nous alertent une fois encore sur les dangers du bronzage artificiel et les effets cancérigènes des ultraviolets (UVA et UVB). Ils partent en guerre, aussi, contre les « marchands de soleil ». Avec les mêmes armes qu'eux.

Cancérologues, dermatologues, épidémiologistes, spécialistes de la prévention... Ce numéro thématique du BEH est un énième appel à la vigilance. Un cri d'alarme lancé par des médecins et des chercheurs qui sont loin de rendre les armes face aux professionnels du bronzage en cabine.

Une meilleure sensibilisation aux risques des UV

« Toutes les campagnes d'information et de prévention semblent vouées à l'échec », regrettent Jean Civatte et Jacques Bazex, dermatologues et membres de l'Académie nationale de médecine. Dans leur éditorial, ils déplorent « l'insouciance du vacancier qui oublie le port de vêtements protecteurs ou les applications de crème solaire ». Et ils insistent surtout sur « l'inconscience de la personne qui s'expose aux UV artificiels ».

Lézarder au soleil sur la plage est un plaisir récurrent chez les vacanciers. Mais les rayons ultraviolets, qu'ils soient naturels ou artificiels, sont mauvais pour la peau dès lors qu'elle y est trop exposée. © olnnu, Wikipédia, cc by sa 3.0

Les deux médecins soulignent que « l'information sur les dangers réels n'atteint pas son but ». À cela, deux explications principales : 

  • « la promotion commerciale agressive des professionnels du bronzage. Ces derniers n'hésitent pas à contredire les données scientifiques les plus solides sur le danger des UV artificiels» ;
  • une « réglementation peu contraignante qui délègue une part importante du contrôle des risques sanitaires aux personnes qui tirent profit » de ce commerce. Un exemple : « elle autorise la délivrance d'UV par des professionnels du bronzage, à la condition qu'ils aient acquis en trois jours suffisamment de notions médicales, qu'ils sachent reconnaître les peaux à risques et repérer les usagers de moins de 18 ans (carte d'identité non obligatoire) ! »

Vers la fermeture des cabines UV ?

Dans la même livraison du BEH, des cancérologues reviennent également sur les idées reçues qui motivent le recours au bronzage en cabine UV. Leur objectif étant de les démonter une à une :

  • non, les séances d'UV artificiels ne préparent pas la peau au soleil. « C'est une idée fausse », explique Julie Gaillot de Saintignon (Institut national du cancer) ;
  • non, le bronzage n'est pas forcément synonyme de bonne santé et de réussite sociale. Bien au contraire à long terme, il « accélère l'apparition de signes de vieillissement cutané », poursuit-elle.
  • non, cette pratique « ne peut pas être utilisée comme source de vitamine D » ;
  • non, «  les UV n'exercent pas d'effet protecteur sur l'incidence de certains cancers non cutanés (sein ou côlon) ».

« Le corps médical ne peut que tirer la sonnette d'alarme en rappelant qu'il n'y a aucun bénéfice pour la santé à s'exposer aux UV artificiels. En revanche, les dangers sont bien réels », résument Jean Civatte et Jacques Bazex. Ces derniers plaident même en faveur d'une « politique d'interdiction progressive telle que l'ont décidée le Brésil et l'État de Nouvelle Galles du Sud en Australie ».

Rappelons que chaque année en France, 10.000 nouveaux cas de mélanome sont déclarés. Et environ 1.600 décès surviennent. L'impact sanitaire de l'exposition aux UV artificiels commence à être estimé avec quelque précision. Au cours des trente prochaines années, « entre 566 et 2.288 décès sont attendus si les expositions des Français aux cabines UV ne changent pas ». Soit entre 19 et 76 morts par an !

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