Santé

En bref : le chlordécone augmente le risque de prématurité

ActualitéClassé sous :médecine , chlordécone , exposition au chlordécone

Pourtant interdit depuis plus de 20 ans dans les Antilles françaises, le chlordécone continue d'affecter la santé des habitants de ces îles. Des chercheurs français viennent de montrer qu'une exposition à ce pesticide augmentait les risques d'accouchement prématuré.

Interdit dès 1976 aux États-Unis, le chlordécone ne l’a été en France métropolitaine qu’en 1990. Il a été utilisé jusqu’en 1993 aux Antilles françaises comme insecticide contre le charançon du bananier. © choyaw99, Flickr, cc by sa 2.0

Interdit en 1993 dans les Antilles françaises, le chlordécone a longtemps été utilisé comme pesticide pour lutter contre le charançon du bananier. Des travaux réalisés en 2012 ont montré que l'exposition à ce pesticide avait un impact délétère sur le développement cognitif des nourrissons. Dans une étude plus récente, une équipe de l'Inserm nous apprend qu'il serait aussi à l'origine d'une augmentation du risque de prématurité.

Ce constat ressort de l'étude Timoun (enfant en créole), mise en place afin d'évaluer l'impact sanitaire des expositions au chlordécone sur le déroulement de la grossesse et les développements prénatal et postnatal. Entre 2005 et 2007, plus de 1.000 femmes au troisième trimestre de grossesse ont été incluses dans cette expérience. Les chercheurs ont mesuré l'exposition au chlordécone par un dosage dans le sang maternel, effectué lors de l'accouchement. Ils ont ensuite comparé ces données avec la durée de la grossesse. Leurs résultats montrent une association entre une exposition au chlordécone, une diminution du temps de gestation et une augmentation du risque de prématurité, et ce quel que soit le mode d'accouchement, spontané ou médicalement induit. Selon les auteurs, les propriétés hormonales, œstrogéniques et progestagéniques, du chlordécone seraient en cause.

La source principale d'exposition au chlordécone est la consommation d'aliments contaminés. En 2007, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) rappelait que quatre types de denrées pouvaient être contaminés à un niveau susceptible de représenter un risque aigu pour la population antillaise : le chou caraïbe (malanga), le dachine (madère), la patate douce, ainsi que les poissons et les crustacés d'eau douce. Les scientifiques ajoutent que les sources d'approvisionnement, de production, de distribution et de vente hors des circuits réglementés sur sols pollués conditionnent de nos jours l'intensité de l'exposition. Ils incitent les autorités à mettre en place plus de moyens d'informations destinés aux femmes enceintes portant à la fois sur les types d'aliments et les circuits d'approvisionnement à risque.

Cela vous intéressera aussi