Santé

L'antirides Botox inquiète les autorités américaines

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Aux Etats-Unis, la toxine botulique, en usage médical à haute dose, aurait provoqué 16 morts. Or, il s'agit du principe actif du Botox et d'autres produits commerciaux utilisés comme antirides. Aucun accident n'est survenu après une utilisation en cosmétique, donc à faible dose, et cette molécule n'a pas été interdite par les autorités, qui ne valident d'ailleurs pas les chiffres d'accidents mortels. Mais ces antirides sont désormais, officiellement, sous surveillance...

Mes rides, c'est moi... © Sim Dawdler / Flickr - Licence Creative Common (by-nc-sa 2.0)

Utilisée comme antirides, la toxine botulique est vendue par plusieurs laboratoires sous les noms de Botox, Myobloc, Vistabel, Neurobloc ou Dysport. Ce poison violent est naturellement produit par la bactérie Clostridium botulinum, championne des toxines dangereuses pour les animaux. On lui doit le botulisme, une maladie que l'on peut contracter en mangeant des conserves avariées, et qui devient mortelle quand une toxine botulique (la bactérie en secrète sept types) se répand dans l'organisme. Ce neurotoxique bloque le signal nerveux des nerfs moteurs vers les muscles et provoque une paralysie générale, pouvant conduire à la mort rapide quand les muscles impliqués dans la respiration sont immobilisés.

En usage médical, la toxine de type A (qui fait partie de celles à l'origine du botulisme) a trouvé son utilité : elle permet de soigner des syndromes de contractions involontaires, des paupières et du cou notamment, ou encore le strabisme. On lui a découvert une autre utilisation : la réduction des rides de la peau, par effet paralysant des muscles faciaux. L'industrie cosmétique s'en est emparée. La méthode d'application est la même (une injection sous-cutanée) mais les doses restent bien plus faibles.

Danger avéré

Aux Etats-Unis, la FDA (Food and Drug Administration) a pris la peine de prononcer une mise en garde contre l'utilisation de la toxine botulique A. Russell Katz, responsable du département de neurologie de la FDA, explique que son administration s'intéresse à des cas d'hospitalisations d'adultes et d'enfants à la suite de problèmes qui pourraient être dus à une diffusion de la toxine dans le corps après une injection locale pour raisons médicales. Les précautions qu'il préconise concernent aussi l'usage cosmétique. Dans tous les cas, explique-t-il en substance, patients et médecins doivent être tenus au courant des risques et s'alerter dès les premiers symptômes.

Cette intervention officielle survient deux semaines après une pétition lancée par l'association consumériste Public Citizen (fondée par l'infatigable militant Ralph Nader) et réclamant que la FDA, justement, s'occupe de ce problème. Selon l'association, la toxine botulique serait la cause de 87 hospitalisations et de 16 décès (dont 4 enfants) aux Etats-Unis, entre novembre 1997 et décembre 2006.

La FDA a donc réagi mais pas en interdisant purement et simplement l'utilisation de cette toxine, qui soulage de nombreux patients. Quant à l'effacement des rides, cette annonce officielle fera peut-être réfléchir les candidats au rajeunissement par paralysie faciale...

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