Santé

LRRTM1 : le gène du gaucher découvert

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Une équipe de scientifiques conduite par Clyde Francks, du Wellcome Trust Centre for Human Genetics à l'université d'Oxford, en collaboration avec 20 centres de recherches du monde entier, a identifié un gène responsable d'un défaut d'asymétrie du cerveau humain provoquant l'état de gaucher.

Cerveau humain.

Lorsque les chercheurs ont prélevé et analysé des échantillons génétiques provenant de toutes les familles concernées - sur 100 familles comportant un ou plusieurs enfants dyslexiques, afin d'établir une relation entre cette maladie et le fait d'être gaucher ou non - ils ont noté qu'un chromosome particulier montrait une corrélation avec l'état de gaucher. Ils y ont alors découvert le gène LRRTM1.

Les chercheurs pensent que le LRRTM1 modifie l'asymétrie du cerveau humain et provoque une inversion dans certains cas. Ainsi, si dans un cerveau de droitier l'hémisphère gauche contrôle la parole et la partie droite les émotions, cette symétrie est inversée chez la plupart des gauchers.  Suivant Francks, la présence de ce gène n'est pas nécessaire pour obtenir l'état de gaucher, mais sa prédominance peut être un facteur favorisant.

"Nous devons découvrir quel rôle ce gène joue dans le développement de cerveau et jusqu'à quel point, ainsi que si le processus d'inversion se produit pendant le développement, l'enfance, ou l'âge fœtal", déclare Clyde Francks.

Asymétrie et schizophrénie

Mais l'expression du LRRTM1 pourrait avoir d'autres conséquences. Dans une étude antérieure, des scientifiques australiens avaient déjà estimé que ce gène pourrait favoriser le développement de certaines maladies psychiques comme la schizophrénie. Cette affection, qui touche environ 1 % de la population mondiale, entraîne des défauts de perception et de graves altérations du comportement chez les personnes atteintes.

Le mode d'action du LRRTM1 dans ce cas n'est pas élucidé, cependant il a été constaté depuis un certain temps déjà qu'un défaut de symétrie du cerveau humain prédispose à ce type de maladie. Cependant, ajoute Francks, seule une très petite minorité de gauchers est concernée par ce problème et l'immense majorité d'entre eux n'en souffrira jamais.

Selon l'étude, publiée le 31 juillet dans la revue Molecular Psychiatry, le LRRTM1 se transmet par la voie paternelle. D'autres recherches sont envisagées afin d'en déterminer le rôle exact, qui en dehors des récentes découvertes, reste inconnu.

Il est à noter que la plupart des animaux montrent des cerveaux nettement plus symétriques, y compris chez nos parents génétiques plus étroits, comme les singes.

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