L'aprotinine a un effet antiviral sur le SARS-CoV-2 in vitro selon une étude récente. © Antonio Rodriguez, Adobe Stock
Santé

Une nouvelle molécule qui bloque la réplication du coronavirus in vitro

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Des chercheurs allemands ont testé l'activité antivirale de l'aprotinine, une molécule utilisée pour réguler la perte de sang durant les opérations. Cette dernière limite la réplication du coronavirus in vitro.

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La communauté scientifique est toujours à la recherche d'un traitement contre le coronavirus. Une nouvelle molécule vient de montrer sa capacité à inhiber la réplication du SARS-CoV-2 in vitro, l'aprotinine.

L'effet antiviral de cette molécule a été testé par les scientifiques de plusieurs universités allemandes, installées à Francfort. L'aprotinine est un inhibiteur de protéase. Dans le cadre d'une infection virale, ces molécules sont intéressantes car elles permettent d'inhiber les premières étapes de la réplication du virus, à savoir son entrée dans la cellule.

Dans les expériences in vitro réalisées par les chercheurs sur plusieurs cultures cellulaires, l'aprotinine, à des concentrations comprises entre 0 et 20 µM, diminue l'effet cythopathique du SARS-Cov-2. Elle limite aussi la réplication du coronavirus à l'intérieur des cellules. En présence de 20 µM d'aprotinine, il n'y a plus qu'environ 106 copies du génome viral par millilitre de surnageant de culture cellulaire, contre 109 copies en l'absence de la molécule.

L'effet cytopathique (CPE) du SARS-CoV-2 en présence de concentration croissante d'aprotinine sur 3 isolats différents de SARS-CoV-2. © Denisa Bojkova et al. Cells

L'apotrinine, une molécule non sans risque

Ce sont les tous premiers résultats de l'effet anticoronavirus de l'aprotinine, commercialisée sous le nom de Trasylol mais cette molécule n'est pas inconnue. Elle est largement utilisée pour limiter la perte de sang lors d'une opération, notamment pour les chirurgies cardiaques et orthopédiques. Sa prescription n'est pas anodine, car elle serait à l’origine d’allergies graves et fréquentes lors de la première administration. Le Trasylol a même été retiré du marché pendant dix ans, entre 2008 et 2018, après qu'une étude a démontré une surmortalité chez les patients traités avec cette molécule lors d'une chirurgie cardiaque.

Les chercheurs, à l'origine de ces expériences très préliminaires, imaginent un spray diffusant de l'aprotinine dans les voies aériennes qui serait efficace durant les premières heures de l'infection. Néanmoins, des patients souffrant de formes sévères de la Covid-19 ont éprouvé des thromboses et d'autres troubles de la coagulation qui pourraient s'aggraver avec la prise d'aprotinine. Dans l'hypothèse où son effet antiviral est confirmé par des études cliniques rigoureuses, ce traitement ne pourrait ne pas être administré à tous les patients.

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