Quand le coronavirus va-il disparaître ? © muchmania, Adobe Stock
Santé

Comment pourrait se terminer l'épidémie de coronavirus ?

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[EN VIDÉO] Sommes-nous protégés après une infection à SARS-CoV-2 ?  La ré-émergence de cas déjà infectés en Corée du Sud fait craindre une immunité faible après une infection au SARS-CoV-2. Alors que savons-nous de la réponse anticorps générée par notre organisme ? Tour d'horizon du sujet dans cette vidéo avec deux experts. 

Deuxième vague, troisième vague : l'épidémie de coronavirus semble ne jamais devoir finir. Va-t-il falloir « vivre avec » éternellement ? Le virus va-t-il finir par disparaître ? Un vaccin peut-il éradiquer la maladie ? Voici les différentes hypothèses et les scénarios les plus probables.

Cela fait près de huit mois que l'épidémie de coronavirus s'est officiellement transformée en pandémie mondiale. Plus de 43 millions de cas ont été enregistrés et la Covid-19 a déjà fait plus de 1,2 million de morts. En août, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) prévenait que la pandémie allait être « très longue ».

« Cette pandémie est une crise sanitaire comme on n'en voit qu'une par siècle et ses effets seront ressentis pour les décennies à venir », affirme son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus. Va-t-on devoir s'habituer à porter un masque éternellement, à ne plus jamais embrasser nos proches et à rayer définitivement voyages et concerts de notre vocabulaire ? Peut-être pas heureusement mais un retour à la « vie d'avant » est sans doute à exclure avant longtemps.

Hypothèse no 1 : le virus disparaît naturellement

La première épidémie de SRAS en 2003 a fait plus de 8.000 cas et près de 800 morts. Mais elle a pu être endiguée et le virus ne s'est guère propagé en dehors de la Chine. Le SRAS-Cov-2 est nettement plus contagieux et a déjà touché tous les pays. De plus, il amène plus de cas asymptopatiques, ce qui le rend plus difficile à tracer. Certains avaient aussi fait l'hypothèse que le virus disparaîtrait avec l’été : il a au contraire continué à circuler activement. Bref, il semble bien trop tard pour envisager cette hypothèse d'endiguement au niveau mondial. Cependant, la Chine a réussi pour le moment à éviter une deuxième vague mais au prix de son isolement avec le reste du monde.

La Chine a pour l’instant réussi à contenir une « deuxième vague ». © ink drop, Adobe Stock

Hypothèse no 2 : l’immunité de groupe

Lorsque 60 à 70 % de la population aura été contaminée, le virus ne trouvera plus suffisamment d'hôtes à infecter et la maladie sera stoppée. C'est l'hypothèse envisagée par les partisans de l’immunité collective qui préconisent de laisser circuler le virus chez les personnes jeunes. Sauf que, après 10 mois d'épidémie et 1 million de morts, on est encore loin du compte : selon l'OMS, nous en serions au maximum à 10 % de personnes infectées au niveau mondial. De plus, plusieurs cas de réinfection ont été enregistrés, et on ne sait pas combien de temps dure l'immunité naturelle. Un scénario là encore peu probable donc.

Hypothèse no 3 : un vaccin met fin à l’épidémie

« L'accès mondial aux vaccins, aux tests et aux traitements contre le coronavirus pour tous ceux qui en ont besoin, partout sur la Planète, est la seule solution [contre le coronavirus, ndlr] », affirme l'OMS. Théoriquement, un vaccin efficace peut en effet procurer une immunité suffisante pour arrêter la circulation du virus. Sauf que, pour l'instant et malgré une mobilisation sans précédent, on est toujours en attente de ce fameux vaccin miracle. « Le vaccin pourrait ne pas fonctionner ou sa protection ne durer que quelques mois », met en garde l'OMS. On sait aussi que les vaccins sont moins efficaces chez les personnes âgées qui sont justement les plus à risque. Enfin, à supposer qu'un vaccin soit largement disponible, resterait à convaincre suffisamment de personnes de se faire vacciner. En France, quatre personnes sur dix sont réticentes face à un potentiel vaccin. « Dans l'histoire, seule la variole a pu être éradiquée par un vaccin », rappelle l’historienne Nükhet Varlik, de l'université de Caroline du Sud.

Hypothèse no 4 : le virus devient endémique comme le rhume

Quatre coronavirus de rhume circulent couramment chaque année. « Après une émergence cataclysmique, le SRAS-Cov-2 pourrait éventuellement dégénérer en virus bénin comme le rhume », avance Andrew Noymer, épidémiologiste à l'université d'Ivrine, en Californie. La grippe, qui revient elle aussi chaque année, touche 2 à 6 millions de personnes par an en France et cause 8.000 à 10.000 décès. Pour l'instant, rien ne suggère un affaiblissement de la gravité de la Covid-19. Néanmoins, des traitements efficaces pourraient être trouvés et qui permettraient d'atténuer le taux de mortalité, comme c'est le cas pour le Sida.

Comme le rhume ou la grippe, la Covid-19 pourrait devenir une maladie endémique. © merfin, Adobe Stock

Hypothèse no 5 : le virus végète à l’état latent

« Une fois qu'un pathogène a émergé, il est pratiquement impossible de l'éradiquer complètement », avertit Nükhet Varlik. De nombreuses maladies comme la tuberculose, le paludisme ou Ebola ressurgissent régulièrement dans des foyers isolés. On arrive plus ou moins à les contenir grâce à des politiques de prévention ou des traitements appropriés, mais cela nécessite une vigilance accrue du moindre redémarrage de l'épidémie. « Les maladies infectieuses sont responsables d'un tiers des décès chaque année dans le monde », rappelle l'historienne.

Au total, « la façon dont une pandémie évolue dépend à 50 % de la science et à 50 % des mesures politiques et sociales », assure l’épidémiologiste Sarah Cobey, de l'université de Chicago. Et comme ni les scientifiques ni les politiques ne savent ce qu'il adviendra de ce virus, on est bien obligé de naviguer un peu à vue, ce qui n'a rien de rassurant. Une chose est sûre tout de même : un virus n'a aucun intérêt à tuer toute la population de ses hôtes. À un moment donné, il risque de s’affaiblir ou d'être moins contagieux, ce qui nous laissera un peu de répit... jusqu'au prochain virus.

Pour en savoir plus

Coronavirus : les différents scénarios pour la suite de la pandémie

Article de Julie Kern publié le 14/05/2020

Alors que la première vague de l'épidémie de coronavirus se termine peu à peu dans de nombreux pays, le quotidien retrouve son rythme normal. Mais en a-t-on vraiment fini avec la Covid-19 ? Un rapport scientifique propose trois scénarios pour imaginer l'évolution de la pandémie.

« Ce virus pourrait devenir endémique dans nos communautés, il pourrait ne jamais disparaître. » Ce sont les mots de Michael Ryan, directeur des questions d'urgence sanitaire de l'Organisation mondiale de la Santé, lors d'une conférence de presse virtuelle qui a eu lieu à Genève. Certains virologues pensent aussi que la Covid-19 pourrait devenir une maladie qui réapparaît chaque année. Ce ne serait pas une exception dans la famille des Coronaviridae. Les souches de coronavirus humain OC43 et 229E sont deux agents étiologiques du rhume que beaucoup de personnes attrapent chaque hiver. De plus, l’immunité incertaine induite par le SARS-CoV-2 ne pourrait pas nous protéger totalement contre des infections futures.

Le Cidrap (Center for Infectious Disease Research and Policy) est un organisme spécialisé dans les questions de santé publique rattaché à l'université du Minnesota aux États-Unis. Plusieurs chercheurs et médecins se sont réunis pour essayer de prévoir le futur de la pandémie mondiale en se basant sur les données scientifiques actuelles (une vingtaine de publications considérées) et sur celles de l'épidémie de grippe espagnole de 1918. Trois scénarios en sont ressortis, décrits dans un rapport, mais aucun d'eux ne prédit la disparition du virus avant 2022.

Les trois scénarios envisagés par le Cidrap représentés sous la forme de graphique. L'abscisse s'échelonne de janvier 2020 à 2022 et l'axe des ordonnées représente le nombre de cas. © Cidrap

Trois scénarios sur le futur de l'épidémie de coronavirus

  • Le premier scénario est celui des « monts et vallées ». Selon celui-ci, la vague du printemps 2020 que nous connaissons actuellement sera suivie par des pics successifs et réguliers, mais moins intenses au moins jusqu'en 2021. Des mesures de confinement et de distanciation physique ponctuelles pourraient alors être nécessaires.
  • Le deuxième scénario prédit une vague de l'épidémie à l'automne-hiver 2020 et qui serait bien plus importante que la première. Elle serait ensuite suivie de plusieurs phases moins importantes de réapparition du virus en 2021. Celui-ci imposerait des mesures de confinement strictes pour ne pas saturer les hôpitaux. Dans le rapport, les scientifiques du Cidrap indiquent que ce scénario correspond à ce qui s'est passé durant la pandémie de grippe de 1918 ainsi que les épidémies de grippe de 1957 et de 2010.
  • Le dernier scénario est celui de « la combustion lente ». Sans qu'il y ait de périodicité précise, le nombre de cas et la transmission diminueraient progressivement jusqu'en 2022. Les scientifiques indiquent que des mesures de confinement ne seraient pas cruciales, bien que des infections et des décès seraient toujours possibles.

Les chercheurs indiquent que ces scénarios prédictifs pourraient être modifiés par l'administration d'un vaccin contre le SARS-CoV-2. Avec la population immunisée, la circulation du coronavirus serait nettement ralentie. De plus, ces scénarios sont basés sur des données recueillies pour les pays de l'hémisphère nord. Des facteurs de comorbidité, comme le paludisme ou la malnutrition, qui sévissent dans certains pays de l'hémisphère sud, ne sont pas pris en compte. Les chercheurs concluent que le SARS-CoV-2 pourrait circuler continuellement dans la population humaine et réinfecter de nouveaux individus chaque saison, mais avec moins de virulence.

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