Des rats ont appris à conduire pour la première fois. © kurashova, adobestock

Santé

Comment des scientifiques ont-ils appris à des rats à conduire ?

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Une équipe de chercheurs a réussi à apprendre à des rats de laboratoire à conduire pour aller chercher une récompense telle que de la nourriture. Une expérience qui permet d'en savoir plus sur l'intelligence animale. 

Désolé de vous décevoir mais les rats ne conduisent pas des gros bolides adaptés aux humains. Mais dans une expérience récente publiée dans le journal Behavioural Brain Research, des scientifiques sont parvenus à leur apprendre la marche à suivre pour se servir d'un véhicule adapté à leur taille dans le but d'aller chercher de la nourriture. Une expérience qui en dit long sur notre capacité à apprendre quand celle-ci est nécessaire à notre survie. 

L'expérience scientifique

Les expérimentateurs ont d'abord mis sur pied une petite voiture électrique à partir de boîtes alimentaires. Trois barres en cuivre (droite, centrale, gauche) servaient de volant. Le sol était en aluminium afin qu'un courant électrique s'amorce et permette à la voiture d'avancer. Dans une petite arène de quatre mètres carrés, les rats (mâles et femelles) ont donc suivi leur première leçon de conduite. Lorsqu'ils parvenaient à faire bouger le véhicule, ils obtenaient une récompense (de la nourriture). Mais pour observer si les rats pouvaient véritablement se servir de façon autonome du véhicule les chercheurs se sont mis à placer de la nourriture aléatoirement, à différents endroits de l'arène. Les rats savaient qu'il fallait y aller en voiture pour obtenir la récompense. Les résultats sont stupéfiants : les rongeurs parviennent à se déplacer et à ajuster leur direction en fonction de là où ils veulent aller (comprenez, là où se trouve la nourriture). 

Autre découverte, l'apprentissage de cette tâche complexe qui demande des efforts de coordination et de spatialisation colossaux réduisait les niveaux de stress de ces animaux. Les chercheurs expliquent cela par le fait qu'ils sont satisfaits d'avoir acquis une nouvelle compétence. Cette étude vient confirmer que la neuroplasticité est importante chez le rat et ne manque pas de venir rappeler les dilemmes éthiques qui se posent à sacrifier des animaux témoignant d'une telle intelligence dans des expériences de laboratoire. 

Cette étude vient confirmer que la neuroplasticité est importante chez le rat. © Kelly Lambert/University of Richmond

Des pistes d'études chez l'Homme 

Ce type d'expérience a donné des idées aux investigateurs pour d'autres applications et voies de recherches. En effet, ils pensent, par exemple, à remplacer les tests de labyrinthes classiques par des tâches plus complexes telles que la conduite lors d'études réalisées sur des rats pour déceler des mécanismes neuropsychiatriques. Des effets de la maladie de Parkinson sur la motricité et la conscience de l'espace à l'impact de la dépression sur notre motivation, cette nouvelle méthodologie d'expérimentation pourrait s'avérer féconde. Selon Kelly Lambert, auteure principale de l'étude, « Si nous utilisons des modèles plus réalistes et stimulants, cela peut fournir des données plus significatives. ». Pour l'instant, l'équipe prépare de nouvelles expériences afin de comprendre comment les rats apprennent à conduire, pourquoi cela semble réduire le stress et quelles zones du cerveau sont impliquées.

  • On savait que les rats pouvaient réaliser des tâches plus ou moins complexes comme presser des boutons.
  • Une équipe de chercheurs a réussi à leur apprendre à conduire en stimulant leur système de récompense.
  • Ces résultats pourront peut-être aider à créer de nouvelles méthodologies pour appréhender d'autres mécanismes dans certaines maladies neurologiques.
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