Santé

Chez les souris, les paresseux vivraient plus longtemps…

ActualitéClassé sous :biologie , durée de vie , allongement de la durée de vie

L'espérance de vie va de pair avec un tempérament calme et réservé. C'est en tout cas le résultat d'une étude comportementale réalisée chez la souris. Un minimum d'audace serait cependant nécessaire à la survie de ces rongeurs.

Selon une étude, les souris qui ont une durée de vie longue sont les moins aventureuses. Ce n'est pas cette souris qui dira le contraire ! © Abe K, Flickr, cc by nc nd 2.0

Le comportement influence-t-il la durée de vie ? Pour répondre à cette question, des chercheurs suisses de l'université de Zurich ont eu l'idée ingénieuse d'utiliser des souris connues pour survivre plus longtemps que les autres. Ces rongeurs sont des souris domestiques, ou Mus musculus, et portent une marque génétique particulière appelée haplotype t.

L'haplotype t est un ensemble d'allèles situés sur le chromosome 17, qui sont généralement transmis ensemble à la descendance. Les femelles hétérozygotes, c'est-à-dire celles qui ne possèdent qu'une copie de cet haplotype, ont une durée de vie 30 % plus élevée que les autres. En revanche, la présence de l'haplotype t n'influence pas la longévité des mâles.

Exemple d'une expérience réalisée pour tester la nature aventureuse des souris. Le rongeur est amené dans une boîte (box) et évolue au gré des ouvertures entre les pièces (en gras). © Auclair et al., Plos One

Au cours de cette étude, publiée dans la revue Plos One, les scientifiques ont observé le comportement de 41 mâles et autant femelles. Chaque groupe était constitué de 20 souris domestiques normales et de 21 souris hétérozygotes pour l'haplotype t. Ainsi, chez les femelles, 21 souris avaient une espérance de vie allongée. Le reste des souris a été utilisé comme contrôle.

Des souris avec moins d'audace, mais un peu quand même

Le caractère des rongeurs a été évalué grâce à une batterie de tests comportementaux. Pour mesurer le niveau d'activité des souris par exemple, les auteurs ont placé un sol quadrillé dans une cage et ont calculé le nombre de fois où chaque souris traversait les lignes pendant une période donnée. Pour évaluer leur nature aventureuse, les souris ont été déposées dans une sorte de labyrinthe formé de plusieurs pièces. La tendance à s'introduire plus ou moins facilement dans chaque endroit du dédale a ainsi été estimée. D'autres expériences ont permis de déterminer l'audace, l'adaptabilité et le niveau de consommation alimentaire des souris.

Les résultats montrent que les souris femelles porteuses de l'haplotype t sont moins actives, consomment moins de nourriture et sont moins hardies que les autres. Selon les auteurs, ces traits de caractère pourraient avoir différents effets positifs sur leur espérance de vie. Être plus prudentes leur permettrait de mieux échapper aux prédateurs, par exemple. De plus, en ne gaspillant pas leur énergie inutilement, elles préserveraient mieux leur organisme.

De nombreuses questions restent cependant en suspens. On peut par exemple se demander pourquoi les mâles portant l'haplotype t ne développent pas ces caractères précieux. De plus, les embryons homozygotes qui portent deux copies de l'haplotype t ne sont pas viables. Selon les auteurs, cela suggère qu'un brin d'audace est nécessaire pour la survie. Pour Yannick Auclair, principal auteur de cette étude, « pour qu'une souris puisse trouver sa nourriture et se reproduire, il faut qu'elle possède un minimum de courage ! »

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