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Dossier - Coquillages : les secrets de la survie des mollusques
DossierClassé sous :zoologie , coquillage , antilles

Comment échapper aux prédateurs ? Chez les coquillages marins, plusieurs solutions élégantes ont été trouvées par la sélection naturelle : se protéger en épaississant sa coquille, fabriquer des épines et des voiles qui découragent le prédateur, ou bien se camoufler. Certaines espèces pratiquent au contraire « l'exhibitionnisme » en arborant de vives couleurs signalant au prédateur qu'il est immangeable.

  
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Bien que la valeur adaptative des formes et des couleurs telle que nous l'avons illustrée soit difficilement contestable, on ne doit pas oublier qu'il s'agit d'une construction logique de l'esprit et que la démonstration expérimentale en est quasiment impossible.

Terebra taurina. © Bathyporeia, Flickr, CC by-nc 2.0

À l'appui de cette réserve, nous citerons le cas du gastéropode Terebra taurina dont la forme très effilée de la coquille colle mal avec une protection contre la prédation. Dans un pareil cas, on peut supposer ou bien que la pression de prédation est faible, ou bien plus vraisemblablement que cette forme particulière a été acquise à la suite d'une pression de sélection différente. On peut penser, par exemple, qu'il s'agisse d'une adaptation à l'enfouissement dans un substrat meuble. Bien que les difficultés de toute interprétation adaptative ne doivent pas être sous-estimées, notre dossier montre qu'en prenant pour modèle un seul groupe d'organismes, ici les mollusques gastéropodes et bivalves, il est possible d'illustrer de nombreux mécanismes de l'évolution biologique. Les exemples cités révèlent en particulier la diversité des solutions que retient la sélection naturelle pour répondre à des pressions de sélection comparables.

Des questions sans réponses...

Le fait de les décrire et de leur attribuer une fonction particulière (ici, la protection contre les prédateurs) laisse d'ailleurs dans l'ombre de nombreuses questions qui ne sont pas encore résolues. Par exemple, il est clair que des structures aussi complexes que les épaississements de coquilles, les épines, les voiles, les ornementations que l'on observe chez les mollusques marins ont un coût important pour l'animal en énergie utilisée dans les réactions chimiques aboutissant à leur fabrication. Dans l'état actuel des connaissances, il est difficile de mesurer ces coûts. On peut seulement affirmer que les bénéfices que procurent ces adaptations sont plus importants que les coûts, ce qui est la définition même du processus qui gouverne la sélection naturelle.