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Massalia, petite histoire et grands moments

Dossier - Excursion : Marseille, mythique cité phocéenne
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Marseille, avec ses 26 siècles, a beaucoup à faire partager. Elle conduit le visiteur des origines grecques et romaines jusqu’à la modernité. La ville est riche et le soleil un attrait agréable. Le mistral lui donne la luminosité. Promenons-nous donc dans le passé avec la fondation de la ville et dans le présent avec la restauration de Notre Dame de la Garde.

  
DossiersExcursion : Marseille, mythique cité phocéenne
 

Les Bouches-du-Rhône, le Var, les Alpes-de-Haute-Provence, sont les trois départements qui correspondent à l'ancienne Provence.

Pichets Sainte-Barbe. © Rvalette, Wikimedia commons, CC by-sa 4.0
Marseille vue panoramique

Le pays montagneux et maritime était occupé par les Ligures-Saliens, qui se mêlèrent aux Celtes à l'est et aux Ibères à l'ouest. Ils se divisaient en tribus :

- les Ségobriges,
- les Commones, près de Marseille,
- les Véruciniens de Grasse,
- les Décéates, d'Antibes,
- les Suétriens,
- les Quariates,
- les Aducinates,
- les Oxybiens,
- les Liganiens, etc...

C'étaient des hommes habitant sous les roseaux, vivant de la chasse et de la pêche. Les Phéniciens avaient établi des comptoirs sur les côtes de Méditerranée, dont un chez les Saliens pour le commerce en Gaule. D'autres étrangers arrivèrent une fois les Grecs partis de l'Ionie, et qui, accueillis par les Ségobriges, fondèrent Massalie.

Maquette de Massalia - Musée d'histoire

Massalia naît donc, selon la légende, de l'union de Protis et de Gyptis vers l'an 600 AC. Les Massaliotes organisent leur ville. Leurs lois sont considérées comme sages.

Des marins de Phocée, commandés par Protis, prêts au départ pour l'ouest de la Méditerranée, reçoivent un oracle : ils doivent emmener un guide du temple d'Artémis : Aristarqué. Voilà donc les pentacontères en route vers l'ouest.

Le pentacontère comporte un seul rameur par banc de nage et par aviron, propice à l'embarquement de troupes (archers, hoplites), rapide et stable, le Pentekontoros est devenu le navire militaire standard de la flotte Athénienne. Les Perses en firent aussi largement usage à Salamine (retour au cours d'histoire antique) et les Macédoniens, Carthaginois, Romains, Ptolémaïques aussi. Longue de 27 à 30 mètres, larges de 3,50 à 3,80 mètres, déplaçant 40 à 50 tonnes, le Pentécontore avait une coque évasée. Un officier, un homme de barre, un quartier-maître donnant le rythme de nage et dix hoplites.

Les rameurs grecs étant des engagés volontaires qui pouvaient participer aux combats. Ils arrivent dans la calanque du Lacydon. Les rives sont occupées par une tribu Ligure dont le chef est Nannos.  Ce jour là, les celtes organisent une fête pour Gyptis, la fille de Nannos qui doit choisir un époux. Ils invitent les nouveaux arrivants. Et Gyptis choisit Protis. Le roi Nannos accepte et « donne » aux Grecs la partie nord du Lacydon pour créer une ville.

La date de 600 ans AC correspond d'après les fouilles et certaines amphores découvertes sur le site à cette époque. Mais il est vraisemblable que la conquête du site se soit faite par la « manière forte ».

A l'époque de Pythéas, 250 ans plus tard, elle compte 30 à 40000 habitants.   Les massaliotes élisent des députés, les Timouques - 600 élus à vie - qui eux, élisent 15 sages pour gouverner et un triumvirat.

Cette calanque est bien choisie : large vers l'intérieur, non bordée de falaises, et l'entrée en est étroite, donc le site est facilement défendable et les vents dominants ne perturbent pas la circulation. Un mur enserre la ville, la porte principale se trouve au fond de la corne du vieux port. Marseille est née.

Vieille carte de Marseille

Nous avons peu d'informations sur les sociétés qui entouraient Marseille vers la fin de l'âge du fer. Mais ces tribus ont toujours fait peser une menace sur la colonie phocéenne et les conflits se sont multipliés. Ainsi, l'historien gaulois Trogue-Pompée fustige, au Ier s. avant notre ère, ces "Ligures jaloux (...) qui harcelaient les Grecs de guerres continuelles" (ap. Justin, XLIII, 3).

La piraterie aussi oblige la cité à renforcer ses lignes maritimes au IVe s., puis aux IIIe s. et début du IIe s., par la création de places coloniales de défense. Des traces subsistent autour de l'Étang de Berre dès -200. Cette insécurité contraint la ville à se fortifier, à se méfier et à se doter d'un puissant arsenal. Danger également des habitants de Massalia qui étaient  "entourés de tribus arrogantes et terrifiés par les rituels sauvages de leurs voisins barbares" (Punica, XV, 169-172). Et l'histoire se poursuit !

Le Port de Marseille sous la neige