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Pythéas

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Classé sous :Astronomie , Terre , étoile

Biographie

Au IVe siècle avant notre ère, l'astronome marseillais Pythéas a entrepris un voyage jusqu'au cercle polaire. C'est l'une des premières expéditions scientifiques connues.

"Pythéas de Marseille, Puisque la Terre est ronde"

À Marseille, le Pythéas du Palais de la Bourse a fière allure. Avec son pendant Euthymènes, cette imposante sculpture orne la façade de la Chambre de commerce. Hommage des marchands du XIXe siècle aux héros voyageurs de l'Antiquité, les deux statues semblent aujourd'hui veiller sur la Canebière et sur les Marseillais.

On ne sait presque rien d'Euthymènes. Il aurait voyagé à une date indéterminée le long des côtes de l'Afrique.

Pythéas, en revanche, est un peu mieux connu mais son périple vers le nord jusqu'au-delà du cercle polaire demeure teinté de légendes fantastiques. Ces fables ont contribué à le faire passer pour un fantaisiste aux yeux des incrédules. Pour quelques écrivains de l'Antiquité, le voyage du Marseillais n'est que l'invention d'un mythomane. « Pythéas a menti ».

Pythéas a-t-il menti ?

Aujourd'hui, même les plus sceptiques s'accordent à reconnaître l'authenticité de l'expédition. Astronome au temps d'Aristote et d'Alexandre le Grand, vers 330 avant JC., Pythéas le Massaliote a bel et bien observé des phénomènes surprenants, certes, mais qui prouvent la sincérité de son témoignage. Pourquoi une telle entreprise ? Pythéas a tout raconté dans son récit de voyage, mais l'ouvrage n'a pas survécu à l'Antiquité.

Longtemps, on a attribué à ce périple un but commercial. Des historiens ont imaginé que le Marseillais, réputé pour ses connaissances en astronomie, avait été choisi par les autorités de sa ville pour guider une expédition chargée de découvrir de nouvelles voies de commerce pour l'étain et l'ambre, marchandises précieuses, particulièrement recherchées par les cités méditerranéennes.

Pythéas, brûlant du désir de vérifier ses calculs astronomiques dans les régions boréales, aurait utilisé les formidables moyens mis à sa disposition pour doubler sa mission commerciale d'une étude scientifique. Un nouveau mythe était né, celui d'un Pythéas navigateur, voguant vers la Baltique à la tête d'un navire marchand, voire d'une véritable flottille. Soutenue par quelques érudits du XXe siècle, cette histoire méritait une interprétation plus scientifique.

La Lune et les marées

À vrai dire, la statue du savant voyageur serait mieux à sa place à l'entrée de l'observatoire astronomique de Marseille, sur la butte de Longchamp. Là, l'astronome Yvon Georgelin a entrepris d'étudier avec soin les découvertes scientifiques du savant marseillais.

Selon lui, Malgré les critiques, Pythéas a toujours fait l'admiration des astronomes, tout simplement parce ses mesures étaient justes. C'était en effet un scientifique de tout premier ordre. Il a mesuré avec exactitude la latitude de Marseille. Pythéas a aussi expliqué la corrélation des marées avec la Lune. Il a déterminé le pôle céleste ainsi que l'obliquité de l'écliptique avec une précision surprenante pour l'époque.

Au pays du soleil de minuit

Voilà la clé du mystère. Les astronomes du temps d'Alexandre savaient que la Terre était ronde. C'était même une évidence et, comme Pythéas, ils avaient aussi remarqué l'inclinaison de son axe par rapport à la course du Soleil. La conclusion semblait sidérante : il existait une région, tout au nord, où le soleil ne se couchait pas ! N'était-ce pas là une raison suffisante pour y aller voir de plus près ?

Oubliée, la douteuse expédition commerciale ! place à l'évidente mission scientifique d'un savant marseillais en pays barbare.

Pythéas a navigué vers le nord. Les textes l'affirment et le confirment. Cela suffit-il pour faire en faire un marin ? N'a-t-il pas pu atteindre les régions arctiques en qualité de simple passager de bateaux de commerce ? L'histoire ne le dit pas.

Astronome, Pythéas était passé maître dans l'utilisation du gnomon, sorte de grand cadran solaire. Les indications fournies par le l'instrument permettaient par exemple à l'utilisateur expérimenté de connaître la date et l'heure, de s'orienter, de déterminer le pôle céleste, de calculer des latitudes et même des distances.

De toutes les mesures de Pythéas, une seule nous est parvenue, mais elle est essentielle. Elle indique avec exactitude le rapport du gnomon à son ombre au solstice d'été, preuve que le savant marseillais maîtrisait parfaitement les secrets de ce qu'on appellerait aujourd'hui la mécanique céleste.

Sa curiosité voyageuse lui a également offert le spectacle qu'il attendait sûrement : le soleil de minuit. Elle lui a permis de découvrir au passage le littoral de l'Europe et les îles britanniques. Peut-être même a-t-il vu la banquise de ses propres yeux. Pythéas, enfin a évoqué pour la première fois l'existence de la très mystérieuse île de Thulé.

Astronome, naturaliste, anthropologue, philosophe, Pythéas peut aussi être considéré comme l'un des tout premiers reporters scientifiques. Hélas, son témoignage a disparu. Gardons l'espoir. Un jour, peut-être, découvrirons-nous avec lui le fin mot de cette incroyable histoire.

Un journaliste scientifique apprend qu’un papyrus du IIe siècle de notre ère a été partiellement déchiffré : les indices qu’il recèle pourraient enfin résoudre l’énigme de la disparition des écrits de Pythéas le Marseillais. Il y a 2 300 ans, Pythéas sillonnait les mers du Nord jusqu’à atteindre les confins du monde connu, là où le soleil ne se couche pas. Son but : prouver définitivement que la terre est ronde. Mais son récit a disparu. Aujourd’hui, la communauté scientifique s’affole. Pour la première fois, la lumière va être faite sur les mystères entourant les voyages de l’astronome marseillais.
Après avoir publié une rigoureuse enquête historique sur Pythéas (Puisque la Terre est ronde - Vuibert, 2008), François Herbaux revient - cette fois avec toute la proximité du roman - sur l’incroyable aventure arctique de Pythéas le Marseillais. Publié chez Mémoires millénaires