Le tableau vert a été jugé plus apaisant et plus reposant pour les yeux dans les salles de classe. © Halfpoint, Fotolia

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Petite histoire du tableau vert de nos écoles

Question/RéponseClassé sous :Époque contemporaine , école , Salle de classe

Contrairement à l'expression populaire, la plupart des tableaux d'école ne sont pas noirs mais verts et ne sont plus fabriqués en ardoise. Petite histoire du tableau de classe et de ses couleurs.

Jusqu'au début du XIXe siècle, il n'y avait pas de grand tableau dans les salles de classe. Le maître d'école communiquait uniquement par oral et chaque élève apportait une petite ardoise noire ou une tablette en bois sur laquelle il inscrivait le cours. Quand, dans les années 1800, James Pillans, professeur de géographie, à Édimbourg, en Écosse, veut faire dessiner des cartes à ses élèves sur leurs minuscules ardoises, il comprend vite que ça ne va pas être pratique. Il fait alors fabriquer un grand tableau en ardoise noire pour tracer des grandes cartes avec des craies de couleur. En France, c'est François Guizot, ministre de l'Instruction publique, qui recommande l'usage du tableau en 1831. Il deviendra presque systématique avec l'instruction obligatoire après les lois Jules Ferry, en 1882.

De l’ardoise à l’acier émaillé

Comment est-on passé du tableau noir au tableau vert ? Le changement intervient dans les années 1960 lorsque les fabricants remplacent le traditionnel tableau en ardoise par un support en bois ou en liège recouverts d'acier émaillé. Ce dernier offre une grande durabilité, ne se raye pas, ne casse pas, ; il est plus léger et donc plus facile à expédier. Le revêtement laisse aussi moins de traces de craie et permet de mieux faire ressortir les couleurs. Enfin, il est aimanté, ce qui permet d'y accrocher des documents à l'aide de magnets. Pourquoi avoir choisi le vert plutôt que le rouge, le noir ou le violet ? Il s'agit tout simplement d'un usage, le vert foncé mat étant jugé plus relaxant pour les yeux, notamment sous les éclairages néon des salles de classe. Il s'agit toutefois d'une pure convention, la plupart des fabricants déclinant d'ailleurs leurs tableaux en différentes teintes (noir, vert, gris...).

La tablette numérique ne serait-elle pas la nouvelle version de cette bonne vieille ardoise noire individuelle. © Wavebreak3, Fotolia

Du tableau blanc à la tablette tactile

Au fil des ans, le tableau vert cède de plus en plus la place au tableau blanc. Il est fabriqué selon la même technique (seule la température de cuisson change) mais il est utilisable avec des feutres, ce que les enseignants apprécient car les feutres s'effacent plus facilement et font moins de poussières et salissures. On peut aussi y projeter des cours réalisés sur PowerPoint. Aujourd'hui, on revient paradoxalement aux tablettes numériques individuelles, les nouvelles ardoises, numériques cette fois. Elles ont tout de même l'avantage de développer l'interactivité avec le reste de la classe.

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