Des fissures sont apparues dans le glacier Petermann, qui s'écoule 10 % plus vite

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L'un des plus grands glaciers du Groenland semble foncer tout droit vers une autre rupture. Le glacier Petermann se reconstruisait doucement après la séparation d'un iceberg (vêlage) de 253 km² en 2010, puis de 147 km² en 2012. Sa vitesse d'écoulement s'est accrue de 10 % par rapport à l'hiver 2011 et des fissures sont apparues 12 km en amont du front glaciaire, indiquant la formation possible d'un nouvel iceberg, d'après des glaciologues allemands de l'Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine.

Le glacier Petermann se situe à l'extrême nord-ouest du pays. Son bassin versant draine 4 % de l'inlandsis groenlandais et sa langue relie cette calotte polaire à l'océan Arctique. © Nasa/Jesse Allen/Robert Simmon

Le glacier Petermann se termine par une langue glaciaire de 70 km, qui flotte dans l'océan Arctique. Les images satellite montrent qu'il s'écoulait à une vitesse accélérée de 1.135 m par an en 2016, que les chercheurs expliquent dans leur étude comme une conséquence du vêlage de 2012. La perte de glace a diminué la longueur de langue et a donc réduit globalement les frottements de la masse glaciaire contre les parois du fjords, qui freinent l'écoulement. Le détachement d'un autre iceberg pourrait accélérer encore la vitesse du glacier.

À gauche, le glacier Petermann vu par le satellite Terra de la Nasa peu après qu'un iceberg se soit détaché de la langue en 2012. À droite, le glacier vu par le satellite Sentinel 2 de l'ESA le 31 juillet 2018. De nouvelles fissures sont visibles, se développant depuis le versant est du fjord jusqu'au milieu de la langue. © Nasa/JPL/ESA