Un nouveau dinosaure géant herbivore a été mis au jour en Chine. Nommé Yongjinglong datangi, ce titanosaure n’était pas encore adulte lorsqu’il est mort. Pourtant, il mesurait déjà entre 15 et 18 m de long. Vraisemblablement, les grands sauropodes n’étaient pas sur le déclin durant le Crétacé, du moins en Asie. 
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La Chine fait régulièrement parler d'elle dans la sphère de la paléontologiepaléontologie, étant donné l'important nombre de découvertes qui y ont été faites ces dernières années. D'ailleurs, depuis 2007, ce pays peut se vanter d'être le plus riche en espèces de dinosaures décrites, devant les États-Unis. Visiblement, la tendance ne semble pas vouloir s'inverser, ni même ralentir. Pour preuve, la découverte d'une nouvelle espèce de sauropodessauropodes vient d'être présentée dans la revue Plos One.

Les restes du Yongjinglong datangi ont été découverts en 2008 dans la province du Gansu, au sein du groupe géologique Hakou qui se situe dans le bassinbassin Lanzhou. Ils se composent de trois dents, de huit vertèbres, d'une omoplateomoplate gauche, ainsi que d'un radiusradius et un cubituscubitus droit. Petite indication : l'os de l'épaule mesure 2 m de long, bien qu'il appartenait à un juvénile ou à un subadultesubadulte (la scapulaire et le processus coracoïde ne sont pas fusionnés). C'est dire si son propriétaire devait être grand !

De fait, Yongjinglong datangi est un titanosaure, ce qui signifie qu'il appartient au groupe des plus grands êtres vivants à avoir foulé nos continents. L'individu trouvé, qui n'avait donc pas encore atteint sa taille adulte, mesurait probablement entre 15 et 18 m de long. En quelques années, il s'agit du troisième représentant de ce groupe de géants herbivores à avoir été trouvé dans le bassin Lanzhou, dont les roches ont environ 100 millions d'années. Ainsi, la diversité des titanosaures en Asie était plus riche que ce qui a longtemps été cru durant le Crétacé inférieur.

Les restes fossilisés du <em>Yongjinglong datangi</em> ont été replacés dans la forme classique du corps d’un titanosaure. La barre d’échelle représente 600 mm. © Li-Guo Li <em>et al.</em>, 2014, <em>Plos One</em>

Les restes fossilisés du Yongjinglong datangi ont été replacés dans la forme classique du corps d’un titanosaure. La barre d’échelle représente 600 mm. © Li-Guo Li et al., 2014, Plos One 

Un dinosaure au sommet de l’arbre évolutif des titanosaures

Les différents os ont chacun fourni de précieuses indications. Par exemple, l'omoplate a étonné par le fait qu'elle présente des côtés plus ou moins parallèles. Chez les autres titanosauridés, le bord extérieur est souvent arqué. Par ailleurs, les chercheurs menés par Peter Dodson de l'université de Pennsylvanie (États-Unis) n'ont pas su faire rentrer cet os dans un corps virtuel de titanosaure. En effet, ses dimensions ne lui permettent pas d'adopter une position verticale ou horizontale « classique ». Ainsi, l'omoplate de la nouvelle espèce se positionnait probablement avec un angle de 50° par rapport à l'horizontale.

Sept des huit vertèbres se situaient en position thoracique, la dernière étant cervicale. Elles présentent toutes d'importantes cavités sur leurs faces latérales. Selon les chercheurs, elles abritaient très certainement des sacs aériens qui augmentaient la capacité d'inspiration du dinosauredinosaure, tout en allégeant son squelette. La plus longue des dents trouvées mesure 15 cm de haut, mais c'est une plus petite qui a attiré l'attention des paléontologuespaléontologues. La raison : la présence de deux crêtes sur sa face interne, là où d'autres titanosauridés comme l'Euhelopus n'en ont qu'une.

Ces caractères sont autant d'autapomorphiesautapomorphies qui ont poussé les chercheurs à affirmer, comparaisons phylogénétiquesphylogénétiques à l'appui, que Yongjinglong datangi se trouvait au sommet de l'arbre évolutif de son groupe. Il est donc plus évolué que d'autres titanosauridés trouvés ailleurs dans le monde, mais fait néanmoins jeu égal avec quelques espècesespèces mises au jour en Amérique du Sud. Jusqu'à peu de temps encore, une théorie affirmait que les grands sauropodes étaient sur le déclin au Crétacé. Les récentes découvertes la mettent de plus en plus à mal.