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Mousson dramatique en Asie

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Les pluies diluviennes continuent de s'abattre sur le Pakistan, y compris dans le sud du pays. L'Inde subit elle aussi les effets d'une mousson exceptionnelle, qui n'est pas sans rapport avec la canicule qui étouffe la Russie. La Chine et la Corée du Nord connaissent elles aussi une pluviométrie élevée, ainsi que l'Allemagne et la Pologne.

Deux vues du Pakistan réalisées par le satellite Aqua à l'aide de son imageur Modis (Moderate Resolution Imaging Spectroradiometer). Elles montrent la vallée de l'Indus, ce fleuve qui descend de l'Himalaya (ici en haut à droite, et non visible). L'image du haut date du 18 juillet 2010, celle du bas a été prise le 8 août. © Nasa

Au Pakistan, la situation a encore empiré depuis le début des inondations catastrophiques de la semaine dernière. Tout le pays est désormais touché, en particulier la province du Sindh, au sud, très peuplée. Ce sont aujourd'hui 15 millions de personnes qui sont sinistrées et le bilan de 1.600 victimes semble très provisoire devant l'ampleur des dégâts.

Un satellite de surveillance de l'environnement, Aqua, opéré par la Nasa, montre deux images édifiantes de l'Indus, le grand fleuve coulant depuis le Tibet et l'Himalaya et traversant le Pakistan, avant et pendant l'épisode de crue (voir au bas de l'article).

Les inondations touchent désormais le nord-ouest de l'Inde, dans les provinces himalayennes du Ladakh et du Cachemire. On parle actuellement de 150 victimes et de nombreux villages isolés. Loin de là, en Europe, la Pologne et l'Allemagne subissent aussi une pluviométrie anormale. A l'est du Pakistan, la Corée du Nord, mais surtout la Chine, connaissent des inondations dramatiques. Depuis le mois de juin, des pluies très importantes ont provoqué d'importants dégâts en Chine. Dans le nord-ouest du pays, d'énormes glissements de terrains ont emporté de nombreuses habitations, faisant 300 morts et 1.500 disparus.

Anticyclone dévastateur

La mousson est la cause première de cette pluviosité, qui n'a donc rien d'un phénomène nouveau. Tous les ans, en été, les terres de ces régions tropicales s'échauffent bien plus que l'océan Indien. Ainsi réchauffé, l'air a tendance à s'élever au-dessus du continent, créant une dépression. Cet appel d'air aspire l'air marin, très humide, qui vient survoler les terres et s'élève à son tour, d'autant qu'il rencontre la chaîne himalayenne. Cette grimpée, qui fait baisser la pression, s'accompagne d'un brusque refroidissement et l'humidité se condense, créant des nuages et provoquant la pluie.

Mais la mousson 2010 atteint une amplitude exceptionnelle. Frédéric Decker, un météorologue interrogé par Le Progrès, explique que cette violence n'est pas sans rapport avec l'épisode caniculaire que connaît actuellement la Russie, provoquant pollution et feux de forêt. Selon lui, un puissant anticyclone, installé au-dessus de ce pays, y génère un temps sec et des températures très élevées (jusqu'à près de 40°C, du jamais vu en Russie). Cette vaste structure anticyclonique, par ailleurs, renforce les coulées d'air sur le Pakistan et augmente les précipitations.

L'importante pluviosité actuelle dans l'est de l'Europe centrale serait également due à la présence de ce puissant anticyclone en Russie. En revanche, la mousson qui provoque de gros dégâts en Chine ne serait pas liée à cette situation. La seule issue pour la fin de ces phénomènes est l'affaiblissement ou le déplacement de cet anticyclone, ce qui n'est pas prévu dans les prochains jours.

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