Lorsque le nord-ouest du Groenland était libre de glace, un immense lac s’est formé dans la région. Des chercheurs viennent de retrouver son lit fossilisé sous plus d’un kilomètre de glace. Et ils espèrent, en sondant les sédiments déposés au fond, en apprendre plus sur l’histoire environnementale de la région.

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Les lacs sous-glaciaires, les scientifiques les connaissent désormais plutôt bien. Ils en ont localisé plusieurs ces dernières années. Le plus grand d'entre eux est le lac Vostok, en AntarctiqueAntarctique. Mais cette fois, c'est d'un immense lac ancien et vide d'eau dont nous parlent des chercheurs de l’université de Columbia (États-Unis). Ils l'ont découvert à plus de 1,8 kilomètre de profondeur, sous la calotte nord-ouest du Groenland. C'est la toute première fois qu'une telle caractéristique sous-glaciaire est découverte dans le monde : un lit fossilefossile apparemment formé en l'absence de glace puis totalement recouvert.

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Un mystérieux lac sous-glaciaire caché en Antarctique

Le lit de ce lac ancien aurait entre quelques centaines de milliers et des millions d'années. Il pourrait contenir des traces fossiles ou chimiques uniques des climatsclimats et de la vie passés de la région. De quoi mieux comprendre comment la calotte glaciaire du Groenland pourrait évoluer dans les années à venir, en lien avec le réchauffement climatiqueréchauffement climatique.

C'est dans le cadre de l'opération IceBridge, lancée par la NasaNasa, que la découverte a été réalisée. Grâce à des instruments aéroportés capables de pénétrer la glace pour lire les signaux jusqu'alors cachés. Et fournir ainsi des images des structures géologiques sous-glaciaires. Un radar a donné une carte topographique révélant des contours d'un bassinbassin lisse, niché dans des roches plus hautes. Des mesures gravimétriques ont montré une densité moindre dans le bassin qu'aux alentours. Des mesures de magnétismemagnétisme ont aidé à cartographier les profondeurs des sédimentssédiments.

Des chercheurs de l’université de Columbia ont découvert, caché sous la glace du Groenland, le lit d’un ancien lac, cerclé de rouge sur cette image. En rouge, les zones d’altitudes plus élevées et en vert, les plus basses. En bleu, les cours d’eau qui alimentaient le lac autrefois. © Paxman et al., EPSL 2020, Université de Columbia
Des chercheurs de l’université de Columbia ont découvert, caché sous la glace du Groenland, le lit d’un ancien lac, cerclé de rouge sur cette image. En rouge, les zones d’altitudes plus élevées et en vert, les plus basses. En bleu, les cours d’eau qui alimentaient le lac autrefois. © Paxman et al., EPSL 2020, Université de Columbia

Forer la glace pour en apprendre plus

Selon ces données, la région abritait autrefois un lac de plus de 7.000 kilomètres carrés. Un lac alimenté par le nord par au moins 18 cours d'eau menant à une profondeur d'eau comprise entre 50 et 250 mètres. Des sédiments s'y sont apparemment déposés sur une épaisseur allant jusqu'à 1,2 kilomètre. Laissant supposer qu'ils se sont accumulés là pendant plusieurs périodes sans glace, sur des centaines ou des millions d'années.

Les chercheurs imaginent que ce lac s'est peut-être formé le long d'une ancienne ligne de faillefaille ou qu'une glaciationglaciation a pu creuser une dépression qui s'est remplie d'eau lorsque la glace s'est retirée. La question reste entière.

« Si nous pouvions atteindre ces sédiments, ils pourraient nous dire quand la glace était présente ou absente », commente Guy Paxman, auteur principal de l'étude, dans un communiqué. Ils pourraient aussi révéler d'autres informations précieuses sur l'histoire environnementale de la région. Pour cela, il faudra envisager un forage à au moins 1,8 kilomètre sous la surface. Et ce ne sera pas une mince affaire.