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Conférence mondiale sur les océans : il faut porter secours à la mer

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Forum scientifique international organisé par l'Indonésie, la Conférence mondiale de l'océan vient se clore sur un appel solennel : la mobilisation contre les dégradations des mers. Ceux que l'on appelle les petits Etats insulaires, menacés par la montée du niveau de l'océan, sonnent l'alarme sur le problème des réfugiés climatiques.

Environ 40% de la population mondiale vit au bord de l'océan, comme ces deux enfants de Santo Antao, dans l'archipel du Cap-Vert. © Christine Burnichon/Futura-Sciences

Il faut « porter secours aux océans ». C'est sur cet appel que s'est conclue la Conférence mondiale sur les océans, qui réunissait cette semaine 1.500 représentants de 70 pays à Manado, sur l'île de Sulawesi (alias Célèbes), en Indonésie, le pays organisateur.

Dans la déclaration finale, ces nations se sont engagées à promouvoir « la préservation » et « l'utilisation raisonnée des ressources marines ». Ces engagements n'ont rien de contraignant, cette conférence n'étant qu'informelle et exprimant des souhaits pieux. Mais elle souligne l'importance de négociations sur la gestion des océans, qui devront être discutées lors du prochain sommet sur le climat, à Copenhague, en décembre 2009, pour décider de la suite à donner au protocole de Kyoto. Cette réunion de Manado préfigure également la prochaine Conférence mondiale pour les océans de 2010 qui se tiendra cette fois au siège de l'Unesco, à Paris.

Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'environnement) en a profité pour demander des investissements dans la réduction des rejets de déchets dans les océans. Selon cette organisation, huit millions de détritus sont jetés chaque jour à la mer dans le monde, dont l'essentiel est constitué de matières plastiques. Le PNUE avait déjà souligné, juste avant Manado, l'importance des équipements de pêche perdus par les navires, surtout des filets. Il en flotterait actuellement 640.000 tonnes, soit 10% de la masse de déchets mondiaux.

L'impact de ces engins perdus serait considérable, réalisant ce que le PNUE appelle une pêche fantôme. Les principaux accusés sont les filets maillants, très utilisés depuis l'interdiction des grands filets dérivants. Accrochés sur le fond, ces engins forment des pièges verticaux s'étendant sur 600 à 10.000 mètres de longueur. Certains sont abandonnés ou perdus et continuent à pêcher durant des mois voire des années. Le rapport du PNUE cite également les nasses et autres pièges de pêcheurs qui ne sont pas tous récupérés. En Guadeloupe, par exemple, environ 20.000 engins de ce genre seraient perdus après chaque ouragan.

150 millions de réfugiés climatiques ?

D'autres sonnettes d'alarme ont été tirées à Manado. En marge de la conférence, l'Alliance des petits Etats insulaires (Aosis, Alliance of Small Island States), qui regroupe 43 Etats, répartis dans toutes les régions du monde et dont le territoire est constitué d'îles, ont fait entendre leur voix sur les conséquences de la montée du niveau de l'océan. Les estimations actuelles du Giec (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat) prédisent une élévation de 59 centimètres au maximum en 2100.

Selon l'Aosis, une telle hausse du niveau de la mer pourrait contraindre, dès 2050, 150 millions personnes à quitter leurs lieux d'habitations. De plus, il n'est pas impossible que les prévisions du Giec soient sous-estimées car elles ne prennent pas en compte la fonte possible d'une partie des glaces d'eau douce de l'Antarctide et du Groenland (mais seulement l'augmentation de volume de l'océan mondial due à son réchauffement).

Ces Etats insulaires veulent que soit sérieusement évoquée la question de ces futurs réfugiés climatiques. L'Aosis réclame désormais une diminution de 85% de l'émission des gaz à effet de serre d'ici à 2050, un objectif bien supérieur aux engagements actuels.

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