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Les bisons courront-ils à nouveau dans la prairie ?

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Le bison est l'un des symboles de l'Amérique du nord. Sauvé de l'extinction au 20e siècle, il subsiste de nos jours essentiellement dans les élevages. Un nouveau rapport de l'UICN dresse une feuille de route pour réintroduire cette espèce dans les plaines d'Amérique du nord et restaurer ainsi un maillon majeur de l'écosystème des grandes plaines.

Il y a 500 ans, des dizaines de millions de bisons d’Amérique sillonnaient les plaines d’Amérique du nord. Puis sont arrivés les Européens, les barbelés et les fusils. Depuis, très peu de bisons subsistent à l’état sauvage. © University of Calgary

En partenariat avec l'Université de Calgary (Canada), l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) vient de publier un guide sur la conservation du bison d'Amérique. Il y a 500 ans, les hordes de plusieurs dizaines de millions de bisons d'Amérique (Bison bison) sillonnaient les plaines d'Amérique du nord, depuis l'Alaska jusqu'au Mexique. Décimées dans les années 1800, les populations de bisons des plaines d'Amérique (Bison bison bison) ont connu une première renaissance au 20e siècle qui l'a sauvé de l'extinction.

Actuellement, les 400.000 bisons d'élevages représentent 93% des populations. Si l'espèce a été sauvée, elle reste classée en tant qu'espèce quasi menacée sur la Liste rouge de l'UICN. En effet, les réintroductions dans la nature ont peu avancé. Seuls 20.500 bisons des plaines (Bison bison bison) et 11.000 bisons des bois (Bison bison athabascae) vivent à l'état sauvage. Le bison est pourtant le plus gros mammifère d'Amérique du nord, c'est même une icône, mais, selon le WWF, de toutes les icônes américaines, c'est la plus négligée...

Ce nouveau rapport sur la conservation des bisons constitue un état de l'art de la science et des connaissances traditionnelles sur cette espèce. C'est en quelque sorte une feuille de route pour une seconde renaissance, une renaissance écologique au sein d'écosystèmes prairiaux fonctionnels, comme l'explique Cormack Gates, co-auteur de l'étude.

Cliquer pour agrandir. La survie des populations de bisons sauvages dépend de nombreux facteurs, dont la limitation de leur habitat, qui doit être très étendue, et la rigueur des hivers. © University of Calgary

« Bien que l'effort pour restaurer le bison dans les plaines d'Amérique soit considéré comme l'une des entreprises de conservation d'espèces les plus ambitieuses et les plus complexes en Amérique du nord, cela ne réussira que si la législation accompagne cette restauration au niveau local et au niveau national, avec des fonds significatifs et une modification dans l'attitude du public vis-à-vis de l'animal » affirme Simon Stuart de la commission de survie des espèces de l'UICN.

Réintroduire le bison dans les esprits

En effet, les bisons sont des animaux grégaires (vivant en troupeaux, donc) qui se regroupent en hordes pour parcourir plusieurs centaines de milliers de kilomètres. Pour les réintroduire, il faut avant tout adapter la loi aux divagations d'une telle horde et libérer des terres sans obstacles (barbelés et clôtures, voies de communication) pour ces migrations.

Cela suppose à la fois un support fort des politiques publiques mais aussi une réintroduction dans les esprits. Les citoyens doivent intégrer que ces énormes animaux font partie du paysage, sans quoi les réintroductions se solderont par des échecs.

Plusieurs initiatives locales de réintroduction du bison tentent de convaincre les organismes publics et les différents échelons de l'administration de ces nécessités. La publication du rapport de l'UICN sur la conservation du bison leur apporte des arguments dans ce sens.

Un jour, espèrent les conservateurs, le bison parcourra à nouveau les grandes plaines d'Amérique du nord dans des écosystèmes prairiaux restaurés.

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