La machine inventée par le savant lui permettra de voyager dans le futur et de découvrir les créatures de l'an 802701. © Lijuan Guo, Fotolia

Sciences

La Machine à explorer le temps

The Time Machine
Herbert George Wells
LivreClassé sous :science-fiction , Herbert George Wells , la machine à explorer le temps

Dans La Machine à explorer le temps, H. G. Wells (1866-1946) nous transporte en l'an 802701 dans un monde aux apparences de paradis, où se côtoient deux groupes interdépendants : les Eloïs et les Morlocks. Les premiers sont des créatures gracieuses et oisives, les seconds forment un peuple laborieux mais animal qui vit sous Terre. Avec ce roman écrit en 1895, l'auteur britannique nous fait voyager dans le futur tout en portant un regard sur les inégalités sociales de son époque.

Résumé du livre

Herbert George Wells - La Machine à explorer le temps

L'Homme peut se déplacer dans le temps. C'est du moins ce qu'affirme un savant, un soir, lors d'un dîner dans la banlieue de Londres. Il raconte avoir eu l'idée d'une machine qui se déplacerait dans les quatre dimensions. Aucun de ses invités n'y croit. Mais huit jours plus tard, il leur livre un témoignage surprenant. 

Parti de son laboratoire le matin même, il a voyagé à travers le temps à bord de sa machine jusqu'à l'an 802701. Il s'est arrêté sous la grêle, dans un magnifique jardin près d'un immense piédestal représentant un sphinx blanc. C'est alors que de petites créatures délicates, vêtues d'une simple tunique et de sandales, sont venues à sa rencontre. Ces êtres, aussi beaux que frêles, s'appellent les Eloïs. La notion de famille n'existant plus, ils vivent dans des monuments délabrés et dorment dans de grands dortoirs.

Dans la suite de son récit, une mauvaise surprise attend le voyageur temporel : sa machine a disparu ! Il découvre peu après qu'elle a été déplacée et enfermée dans le sphinx. Il s'inquiète alors de ne plus pouvoir revenir à son époque de la fin du XIXe siècle.

Le troisième jour de sa visite, il sauve Weena, une de ces petites créatures, de la noyade. Elle s'attache immédiatement à lui. Comme tous les Eloïs, elle a peur de l'obscurité, c'est pourquoi ils se rassemblent la nuit pour dormir. Un matin aux aurores, l'explorateur aperçoit des formes blanches ayant l'aspect d'un singe. Ce sont les Morlocks, les créatures habitant dans le monde du dessous. Il décide de descendre dans un des puits qui mènent aux tunnels afin d'en savoir plus et y aperçoit d'énormes machines ainsi qu'une grosse pièce saignante sur leur table de repas. À force de rester dans l'obscurité, ces êtres ont développé une sensibilité extrême de la rétine et ne supportent plus la lumière. Ils ne sortent que la nuit afin de chasser les Eloïs dont ils se nourrissent. La lueur de quelques allumettes que le voyageur avait gardées dans sa poche lui permet de s'échapper de justesse.

Il décide alors de se réfugier avec Weena dans le Palais de Porcelaine Verte qu'il a découvert lors de ses explorations. Ce bâtiment en ruines se trouve être un ancien Musée d'histoire naturelle. Le voyageur y trouve une boîte d'allumettes et un morceau de camphre. Il se fabrique également une massue en fer avec laquelle il espère forcer les portes de bronze du piédestal et ainsi récupérer sa machine. Mais sur le chemin du retour, les deux amis ne tarderont pas à être rattrapés par les Morlocks. 

Mythologie

Dans La Machine à explorer le temps, H. G. Wells imagine deux espèces distinctes : les Eloïs et les Morlocks. Elles descendent toutes deux de l'Homme et entretiennent une relation d'interdépendance, aucune ne pouvant survivre sans l'autre. 

  • Eloïs : Des habitants de la surface de la Terre, devenue un immense jardin. De petite taille (environ 1m20), ils ont une chevelure bouclée, de petites oreilles, une petite bouche et un petit menton finissant en pointe. Ils sont végétariens et se nourrissent de fruits. D'apparence frêle, ils se comportent comme des enfants et passent leur temps à jouer, se baigner dans le fleuve ou encore se faire la cour. Dotés d'une intelligence sous-développée, ils sont indolents et très vite fatigués. Leur langue est excessivement simple avec des phrases composées de seulement deux mots.
  • Morlocks : Les Morlocks vivent sous terre. Ils sont carnivores et leur langage est différent de celui des habitants de la surface. Ils ont la peau blême, un visage sans menton et des grands yeux gris rosâtre sans paupière. Leur aspect rappelle un singe avec la tête renversée en arrière et une longue chevelure blonde tombant sur les épaules. Ces créatures possèdent d'immenses machines grâce auxquelles ils fournissent aux Eloïs leurs habits et autres moyens de subsistance.
  • Nuits obscures : Les Eloïs appellent ainsi les nuits de Nouvelle Lune. Ils craignent les nuits obscures car elles les plongent dans l'obscurité. Les Morlocks qui ne supportent pas la lumière profitent de cette période pour partir les chasser afin de se nourrir.

Analyse

Une réflexion sur l'évolution de l'humanité

Ce roman permet à l'auteur de développer ses nombreuses réflexions sur la lutte des classes. Il considère le fossé qui oppose les Eloïs et les Morlocks comme l'extension des différences sociales qui existent déjà à la fin du XIXe siècle. Les ouvriers sont alors retranchés dans des conditions difficiles pendant que la classe la plus aisée reste oisive sur la surface de la planète. La théorie sur l'évolution de Charles Darwin a également beaucoup influencé l'écriture de H. G. Wells. Sur la Terre de 802701, les ouvriers se seraient au fil des ans adaptés à leur vie sous la surface alors que les plus riches auraient continué à chercher le confort et la beauté. Cette recherche les aurait menés à un affaiblissement physique et intellectuel. Mais, malgré cette dégénérescence, l'émotion et la tendresse auraient survécu, apportant tout de même une lueur d'espoir dans cette vision plutôt pessimiste de H. G. Wells.

Une analyse de

Rédactrice