Pour la première fois, le virus aurait été transmis par des moustiques Aedes aegypti présents en Floride. © Tacio Philip Sansonovski, Shutterstock

Santé

Premiers cas de Zika par piqûre en Floride, mais peu de risques pour les JO

ActualitéClassé sous :maladie , virus Zika , jeux olympiques

Alors que quatre personnes ont été infectées par des moustiques autochtones aux États-Unis, l'épidémie semble reculer en Martinique. Le point quelques jours avant l'ouverture des Jeux olympiques de Rio qui focalisent de nombreuses inquiétudes.

Le virus Zika se transmet essentiellement par la piqûre de moustiques Aedes aegypti ou A. albopictus, mais aussi par voie sexuelle. La plupart des personnes infectées ne présentent pas de symptômes et, pour celles qui en ont, ils restent légers : éruption cutanée, fièvre, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête. Mais une femme enceinte peut transmettre le virus à son enfant chez qui l'infection cause une pathologie grave, la microcéphalie. Des complications neurologiques peuvent avoir lieu chez des adultes qui développent un syndrome de Guillain-Barré. Il n'existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique du Zika.

Le 29 juillet, aux États-Unis, le CDC a annoncé que quatre personnes ont probablement été infectées par des piqûres de moustiques A. aegypti locaux aux États-Unis. D'après Tom Frieden, directeur du CDC, cette transmission par des moustiques a eu lieu il y a quelques semaines dans plusieurs endroits de Miami. À la date du 27 juillet 2016, il y avait eu 1.658 cas de Zika aux États-Unis (Hawaï compris) ; aucun n'était dû à une transmission locale et 15 étaient liés à une transmission sexuelle. La priorité pour les autorités sanitaires est de protéger les femmes enceintes pendant la saison des moustiques. Pour éviter les piqûres, le CDC recommande d'utiliser des répulsifs, de porter des vêtements couvrants, de protéger les fenêtres, portes, avec des écrans et de supprimer les eaux stagnantes où les moustiques pondent leurs œufs.

Pendant ce temps, l'épidémie est toujours en cours dans les Antilles, même si un recul est enregistré en Martinique. D'après le bulletin épidémiologique de Santé publique France en date du 28 juillet 2016, depuis le début du mois de juin, le nombre de cas évocateurs de Zika a diminué en Martinique. L'incidence au cours des quatre dernières semaines était de 54 cas pour 10.000 habitants en Martinique contre 136 cas pour 10.000 en Guadeloupe.

447 femmes enceintes ont été infectées en Martinique, 810 en Guyane, 343 en Guadeloupe, 17 à Saint-Martin et deux à Saint-Barthélémy. 23 patients avec un syndrome de Guillain-Barré étaient positifs pour le Zika en Martinique, neuf en Guadeloupe et quatre en Guyane ; la responsabilité de l'infection n'est pas encore établie pour tous ces cas de Guillain-Barré. Globalement, l'épidémie est stable en Guyane ; le nombre de cas évocateurs est en diminution en Guadeloupe et à Saint-Martin, mais en hausse à Saint-Barthélémy.

En Europe, la semaine passée, une femme a accouché d’un bébé microcéphale à Barcelone ; elle avait été infectée par le Zika et la dengue lors d’un voyage en Amérique latine. © SpeedKingz, Shutterstock

Le risque de propagation durant les JO serait faible

À quelques jours de l'ouverture des JO de Rio, faut-il s'inquiéter de la propagation du Zika dans le monde ? En effet, le Brésil est le pays d'Amérique latine le plus touché par l'épidémie de Zika et un appel avait été lancé par des scientifiques pour reporter les Jeux, mais l'OMS avait pris position en faveur du maintien des JO de Rio. Une nouvelle recherche parue dans Annals of Internal Medicine vient donner raison à l'instance internationale, en affirmant que le risque de Zika pour les visiteurs des JO de Rio serait négligeable.

Dans cette étude, des chercheurs de l'université de Yale ont utilisé un modèle mathématique s'appuyant sur les risques récents de transmission du Zika à Rio. Dans des conditions « pessimistes », où le taux de transmission du Zika serait le même chez les voyageurs que dans la population brésilienne, un visiteur des JO a un risque d'être infecté compris entre 1/56.000 et 1/6.200. Environ 350.000 à 500.000 personnes devraient faire le déplacement au Brésil ; entre 6 et 80 voyageurs devraient donc être infectés, dont seulement 1 à 16 auraient des symptômes. Comme au bout de 9,9 jours, le virus disparaît, le nombre de voyageurs qui ramèneraient le Zika chez eux serait compris entre 3 et 37.

Dans l'hémisphère sud, c'est l'hiver et les moustiques sont moins présents. Les chercheurs soulignent aussi que la plupart des voyageurs viennent de pays riches où le risque de propagation est faible ; d'autres viennent d'Amérique latine où le virus est déjà présent. De plus, les visiteurs des JO auraient moins de risque d'être infectés que la population locale car ils restent souvent dans des installations avec air conditionné. Ainsi, en 2014, pendant la coupe du monde de football au Brésil, il n'y a eu que trois cas de dengue chez les voyageurs, malgré des prévisions bien plus pessimistes. Et en dehors des JO, le Brésil enregistre environ 6 millions d'arrivées en provenance d'autres pays et les Caraïbes 30 millions, soit bien plus que le nombre de visiteurs attendus aux Jeux...

Cela vous intéressera aussi

Interview 1/5 : comment se définit une pandémie ?  Avec le développement considérable du transport aérien, on pourrait penser que le risque de contamination planétaire par une maladie est élevé. Nous avons rencontré Jean-François Saluzzo, virologiste auprès de l’OMS, qui nous explique le phénomène de la pandémie.