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Humidité de la maison : lutter contre les remontées capillaires

L'humidité dans la maison peut rendre insalubre l'habitation. Il est important de connaître les causes des remontées capillaires et les moyens de lutter contre cette humidité ascensionnelle.

Page 5 / 10 - Remontées de sol : lutter contre l'humidité, barrière étanche, assèchement... Sommaire
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En matière de lutte contre l’humidité ascensionnelle, il n’y a pas de panacée mais un éventail de solutions adaptables au cas par cas. Les travaux cosmétiques sont à éviter en toute circonstance, sous peine d’aggraver la situation.

Le traitement universel reste à inventer. Dans le secteur de l’assèchement, chacun défend sa chapelle et s’efforce de convaincre par des explications « scientifiques » très orientées. D’où l’intérêt d’un diagnostic humidité indépendant. La résolution du problème est parfois d’une logique déconcertante. Des maisons anciennes ont ainsi été asséchées en dégageant simplement la base des murs extérieurs, dont les premiers rangs étaient recouverts par des apports de terre successifs. Dès que le niveau initial a été retrouvé, les remontées d’humidité ont cessé. Dans les situations plus sévères, plusieurs moyens d’action sont envisageables :

  • stopper les remontées par une barrière étanche ;
  • assécher les murs à l’aide d’un procédé électro-osmotique ou électronique.

La barrière étanche pour lutter contre l'humidité

L’idée est de créer une coupure de capillarité, chimique ou mécanique, une quinzaine de centimètres au-dessus du sol. Elle doit être continue d’un bout à l’autre des murs. La méthode chimique consiste à injecter dans une série de forages un produit hydrophobe à base de gels acrylamides, de résines époxydes, de silicates de sodium ou de potassium, de silicones… Selon l’épaisseur des murs, l’injection s’effectue d’un seul côté ou des deux.

 
Traitement de l'humidité par injection. L’injection se fait tous les 15 à 20 cm dans des perçages normalement inclinés. © assechement-humiprotec.fr

La solution mécanique implique de creuser une saignée dans toute la largeur et l’épaisseur du mur pour y insérer une feuille en acier inoxydable, en bitume armé, en polyéthylène… La saignée peut aussi être remplie de mortier hydrofuge. Ces diverses techniques ont démontré leur efficacité. Mais le choix doit être mûrement réfléchi et la procédure expliquée avec toutes ses implications.

L’assèchement électro-osmotique

Au nombre de trois, ces procédés reposent sur l’action de champs électriques ou électromagnétiques. L’électro-osmose, système breveté en 1940 par le physicien suisse Paul Ernst, est fondée sur un principe découvert en 1807 par Ferdinand Friedrich Reuss, professeur de chimie à l’Université impériale de Moscou. Ce dernier avait observé qu’en soumettant un corps creux saturé d’eau à une tension électrique, il était possible de faire déplacer le fluide du pôle positif (l’anode) vers le pôle négatif (la cathode). L’électro-osmose, en créant une différence de potentiel, attire vers le sol l’humidité qui cherche à grimper.

On en distingue deux sortes : passive et active. La première utilise deux séries d’électrodes reliées par un fil conducteur. Elles sont constituées de métaux différents : en cuivre pour le pôle +, qui équipe la maçonnerie, en magnésium ou fer pour le pôle -, planté en terre. La méthode active reprend le principe mais en ajoutant une batterie produisant un courant continu deux à trois fois plus important. L’électro-osmose-phorèse complète le dispositif en injectant dans les pores un produit hydrophobe contenant des particules métalliques. Sous l’action du champ électrique, celles-ci migrent vers la terre avec l’humidité redescendante jusqu’à colmater les capillaires de la maçonnerie. Lorsque l’étanchéité est effective, l’appareillage électrique peut être retiré.

 
Principe de traitements osmotiques. © legeniecivil.fr

Des trois procédés, le dernier est celui qui semble donner les résultats les plus probants, notamment dans l’assèchement de monuments historiques. Mais, à l’instar des deux autres, ça ne marche pas à tous les coups.

L’assèchement électronique

Ce système utilise un boîtier générateur de « contre-champ électromagnétique ». D’après ses promoteurs, c’est une forme d’électro-osmose agissant à distance, sans aucune intervention sur les maçonneries. Un argument qui fait mouche auprès des particuliers. Parlons net, cette solution rencontre beaucoup de scepticisme dans le milieu scientifique. Pour le professeur Bruno Keller, fraîchement retraité de l’Institut de physique du bâtiment de Zurich (où il occupait une chair), ce type d’appareil est inefficace. De son côté, le physicien et auteur spécialisé Jürgen Weber ne donne au procédé aucun crédit scientifique. En France, pour ne citer qu’eux, les Architectes du Patrimoine adoptent une attitude prudente. Comme il est dit dans le Manuel de sensibilisation à la restauration de la maçonnerie, élaboré notamment sous l’égide du ministère de la Culture, « seul l’avenir dira s’il s’agit-là d’une solution miracle ». À notre connaissance, la révélation n’a pas encore eu lieu…

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