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Fukushima : plus d'émission de césium 137 et d'iode 131 qu'annoncé

Des scientifiques de la Japan Atomic Energy Agency viennent de publier leurs nouvelles estimations des émissions de radionucléides lors de l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. Il apparaît que les taux de césium 137 et d’iode 131 émis dans l’atmosphère sont beaucoup plus importants que ne le prévoyaient les estimations précédentes.

Les émissions radioactives qui ont suivi l'explosion de la centrale de  Fukushima ont été largement sous-estimées. © Daveeza, Flickr, cc by sa  2.0 Les émissions radioactives qui ont suivi l'explosion de la centrale de Fukushima ont été largement sous-estimées. © Daveeza, Flickr, cc by sa 2.0

Fukushima : plus d'émission de césium 137 et d'iode 131 qu'annoncé - 1 Photo

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Voilà un peu plus de deux ans, le séisme de Tohoku, d’une magnitude de 9 sur l’échelle de Richter générait un tsunami des plus violents au Japon. Une vague de 15 m s’est abattue sur la centrale de Fukushima-Daiichi, provoquant l’explosion de deux réacteurs nucléaires. À l’heure actuelle, les scientifiques essayent encore de quantifier l’étendue des dégâts de la pollution nucléaire. Pour évaluer l’impact d’une telle catastrophe sur l’environnement marin, il faut estimer l’émission totale de radionucléides dans l’atmosphère.

Ceux-ci, pris dans les courants atmosphériques, se sont répandus dans tout le bassin pacifique et une partie a fini par se propager dans l’océan. Mais où, quand et comment… cela reste à préciser. À la suite d’un accident qui entraîne le rejet dans l’atmosphère de matières dangereuses, les scientifiques établissent des « termes sources », à partir des modèles numériques de dispersions atmosphérique et océanique. Les termes sources désignent les quantités de matières radioactives rejetées lors de l’évènement. Les modèles numériques calculent leur dispersion, qui est ensuite comparée aux observations in situ.


Cette vidéo montre la propagation du nuage radioactif de Fukushima, du Japon à la France. © IRSN, Météo-France, notreplaneteinfo, YouTube

Le jour même de la catastrophe de Fukushima, des quantités faramineuses de radionucléides ont été rejetées dans l’atmosphère. Pris dans un fort courant-jet, ils ont atteint la côte américaine en quatre jours. Mais une partie s’est retrouvée dans l’océan, suite aux interactions atmosphère-océan. La compagnie Tepco estime en outre que 4,7 x 1015 Bq d’éléments incluant l’iode (131I) et le césium (134Cs et 137Cs) ont été relâchés directement dans l’océan. Mais ensuite, nombre de largages accidentels ou volontaires se sont produits. Dans ce contexte, les scientifiques de la Japan Atomic Energy Agency ont affiné les modèles numériques et réévalué la quantité de radionucléides émis lors de la catastrophe.

Suivre la concentration de 134Cs dans l’océan Pacifique

Les isotopes 137Cs et 131I sont des produits de la fission de l’uranium 235. La radiation au césium peut causer des maladies, voire la mort de l’Homme s’il est exposé à de fortes concentrations. L’iode, s’il est inhalé ou ingéré peut causer des problèmes de thyroïde. Les résultats de l’équipe japonaise, publiés dans le Journal of Nuclear Science and Technology, suggèrent que les taux d’émission des radionucléides dans l’atmosphère sont plus importants qu’estimés jusqu’alors. L’étude se base sur le taux de 134Cs observé dans l’océan Pacifique et les résultats de quatre modèles numériques.

Le 134Cs et le 137Cs sont tous les deux des produits de la fission de l’uranium 235. Mais le 134Cs a une période de décroissance de deux ans, tandis que celle du 137Cs est de 30 ans. Ainsi, pour évaluer le rejet de césium dans l’océan, directement lié à l’explosion de la centrale, les scientifiques mesurent la concentration de 134Cs.

Plus de césium et d’iode que prévu dans l’atmosphère

Plus précisément, les chercheurs indiquent que les taux de 137Cs et 131I rejetés dans l’atmosphère sont plus importants que ne le prévoyaient les études précédentes. Entre le 12 mars et le 20 mars 2011, 2 x 1017 Bq de 137I et 1,3 x 1016 Bq de 137Cs ont été relâchés dans l’atmosphère. À titre indicatif, la Nuclear Safety Commission estimait qu’entre le 11 mars et le 5 avril 2011, l’explosion avait dispersé 1,2 x 1016 Bq de 137Cs.

Si davantage d’affinages sont nécessaires pour obtenir une meilleure estimation du taux d’isotopes émis dans l’atmosphère et déposés dans les océans, cette recherche est déjà une avancée dans l’étude de la dispersion des radionucléides. Avec une meilleure cartographie de la dispersion du césium et de l’iode, les scientifiques seront plus à même d’étudier les zones marines où les effets de la catastrophe nucléaire sont significatifs. 


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