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En bref : record de contamination pour un poisson de Fukushima

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Un nouveau record de contamination a été détecté chez un poisson pêché dans une baie proche de la centrale de Fukushima-Daiichi. Sa teneur globale en radioactivité serait 2.540 fois supérieure à la norme sanitaire maximale autorisée ! 

La centrale de FukushimaiDaiichi était l'une des 25 plus grandes installations nucléaires au monde. Elle était prévue pour résister à des vagues de 5,7 m de haut. Lors du tsunami du 11 mars 2011, le mur d'eau qui s'est abattu sur ce lieu faisait 15 m de haut. Depuis lors, environ 40 % des poissons pêchés seraient impropres à la consommation, selon les normes nippones. © Daveeza, Flickr, cc by sa 2.0

Le ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche suit le niveau de contamination des poissons évoluant au large de Fukushima, ainsi que dans les eaux des préfectures voisines, depuis le 23 mars 2011. L'accident nucléaire de la centrale de Fukushima-Daiichi survenu le 11 mars 2011 a libéré d'importantes quantités de césium radioactif (césium 134 et 137) dans l'environnement. Un premier bilan des mesures a été dressé dans la revue Science en octobre dernier. Un résultat s'est alors démarqué des autres : la contamination des milieux marins se poursuivrait. 

La teneur globale en radioactivité maximale autorisée dans les produits de la mer par les autorités sanitaires japonaises est de 100 becquerels par kilogramme (Bq/kg), soit bien moins que les 25.400 Bq/kg détectés chez une rascasse pêchée le 21 août 2012. Selon l'opérateur Tepco, ce record vient d'être battu avec fracas. Une teneur globale en radioactivité de 254.000 Bq/kg a en effet été mesurée voici peu de temps chez un poisson « murasoi », ce qui représente 2.540 fois la norme autorisée. Ce Sebastes pachycephalus a été pêché dans une baie située à proximité du site nucléaire endommagé par le tsunami

Tepco envisage d'installer de nouveaux filets pour limiter au maximum les déplacements des poissons contaminés. Cette démarche a deux objectifs : réduire le nombre de prises d'animaux hautement radioactifs et empêcher l'accumulation des polluants le long de la chaîne alimentaire (ce qui sera fait en empêchant les prédateurs d'avoir accès aux poissons contaminés). Les sédiments marins ont agi comme de véritables réservoirs à radionucléides après le drame. Ils pourraient indirectement être responsables de la contamination de Mike, le poisson « le plus radioactif du monde » (un surnom issu de la Toile). L'arrivée d'eaux souterraines polluées à la suite de leur passage sous le site de la catastrophe représenterait une autre source de pollution possible.