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La contamination radioactive touche l’eau autour de Fukushima

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Les mesures de radioactivité deviennent inquiétantes autour de la centrale de Fukushima, alors que l'incendie se poursuit dans le réacteur 3, sans que son origine soit clairement établie.

La centrale de Fukushima après l'explosion du 14 mars. On repère le réacteur 1, à gauche, avec son toit absent, pulvérisé par l'explosion du 12 mars. À sa droite, le 2 est intact et, encore à droite, le 3 fume. C'est lui qui inquiète aujourd'hui. © Daveeza, Flickr, CC by-sa 2.0

Pas d'eau du robinet pour les bébés de Tokyo : c'est la consigne donnée par les autorités japonaises ce mercredi 23 mars 2011. Avec 210 becquerels par litre (Bq/l), la radioactivité générée par l'iode radioactif (131) dépasse en effet la dose limite définie pour les nourrissons (100 Bq/l) dans les purificateurs d'eau de Tokyo et de cinq communes. Aux alentours de la centrale de Fukushima, le lait cru et les végétaux à feuilles (comme les épinards) concentrent la radioactivité (de l'iode 131 et du césium 134 et 137) et diverses variétés ont été interdites à la vente dans plusieurs préfectures. Dans dix autres préfectures, dont certaines proches de Tokyo, des tests vont être réalisés.

Dans la centrale de Fukushima, la situation est encore loin d'être maîtrisée. Les réacteurs 1 et 2 semblent stables mais la fumée noire qui s'échappe du réacteur 3 reste inquiétante et a imposé l'évacuation du personnel. L'Agence de sécurité nucléaire japonaise explique qu'elle provient de l'intérieur de l'enceinte du réacteur, sans préciser l'origine de l'incendie. Or, ce réacteur 3 contient un combustible différent, le MOX (mélange d'uranium et de plutonium, alors que les autres utilisent de l'uranium enrichi), dont le point de fusion est plus bas et qui dégage plus facilement des éléments gazeux dangereux, le plutonium étant beaucoup plus radioactif que l'uranium. La salle de contrôle de ce réacteur a été partiellement réalimentée en électricité.

Les contaminations observées autour de la centrale de Fukushima le 22 mars 2011. © Idé

Les conditions météo, facteur clé

Actuellement, les six réacteurs ont été raccordés au réseau électrique et les efforts des équipes se concentrent toujours sur la mise en route de moyens de refroidissements efficaces. Mais pour l'instant, les canons à eau de mer arrosent toujours les installations.

L'IRSN a calculé les quantités de radionucléides émis depuis la dévastation de la centrale par le tsunami. Les gaz rares porteraient l'essentiel de la radioactivité, estimée à 2.1018 becquerels (Bq). Les isotopes de l'iode et du césium émettraient respectivement 2.1017 et 3.1016 Bq. Viennent ensuite les isotopes du tellure, avec 9.1016 Bq. L'IRSN fait remarquer que ces quantités sont dix fois plus faibles que celles estimées après l'explosion de la centrale de Tchernobyl.

Le communiqué note qu'il ne s'agit que d'une première évaluation et que, de plus, ces valeurs brutes ne permettent pas de se faire une idée des risques réels de contamination, les effets sur les populations dépendant bien sûr de la météo. Pour l'instant, les vents ont soufflé ce panache vers l'est, comme on sait, le diluant en l'étalant du Pacifique à l'Europe en passant par l'Amérique. Les pluies, en revanche, ont fixé une partie de ces éléments dans le sol ou dans la mer à proximité de la centrale.