Les GPS ne tiennent pas compte de la qualité de la chaussée et des équipements dans le calcul des trajets. © Lynda Sanchez
Tech

GPS : le trajet le plus court est-il le plus sûr ?

ActualitéClassé sous :voiture , accidentologie , GPS

Une étude américaine démontre que les GPS ne tiennent pas compte de la dangerosité des routes dans le calcul des trajets. Des chercheurs de Texas A&M proposent aux applications d'intégrer un algorithme qui prend en compte la qualité de la chaussée et de l'éclairage ou encore les données antérieures sur les accidents.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Kézako : comment fonctionne un GPS ?  Le GPS (Global Positioning System), présent dans de nombreux véhicules terrestres, aériens et marins mais aussi dans une majorité de smartphones, fait désormais partie de notre quotidien. Unisciel et l’Université de Lille 1 nous expliquent, avec le programme Kézako, le fonctionnement de ce système et nous rappelle son histoire dans cette courte vidéo didactique. 

Lorsque l'on saisit un trajet sur son GPS, on a le plus souvent le choix entre le plus court et le plus rapide. Mais la véritable interrogation n'est-elle pas de savoir quel est le trajet le plus sûr ? C'est la question que se sont posée des chercheurs et des chercheuses de l'université de Texas A&M. Pour cela, ils ont comparé les itinéraires les plus sûrs et les plus courts entre cinq régions très denses du Texas :  Dallas-Fort Worth, Waco, Austin, Houston et Bryan-College Station. Cela inclut 29.000 routes différentes, et ils ont constaté que prendre un itinéraire avec une réduction de 8 % du temps de trajet pourrait augmenter le risque d'accident de 23 %.

« Comme les systèmes de guidage visent à trouver le chemin le plus court entre un point de départ et un point d'arrivée, ils peuvent conduire les automobilistes à prendre des itinéraires qui peuvent minimiser le temps de trajet, mais qui, en même temps, comportent un plus grand risque d'accidents », écrit Dominique Lord, professeur au département Zachry de génie civil et environnemental.

Surnommé le « Texas Triangle », cette zone comprend près de 29 000 routes pour 18 millions d'habitants. © Google Maps, Futura

Largeur de voie, évacuation de la pluie, éclairage...

Pour cette étude, les chercheurs ont recueilli et combiné les caractéristiques de la route et de la circulation, y compris leur conception géométrique, le nombre et la largeur des voie, l'éclairage et la circulation quotidienne moyenne, les conditions météorologiques et les données historiques sur les accidents afin d'analyser et de développer des modèles statistiques pour prédire le risque d'être impliqué dans des accidents.

Publiée dans la revue de transport Transportation Research Part C, l'étude a ainsi révélé des incohérences dans les itinéraires les plus courts et les plus sûrs. Par beau temps, prendre l'itinéraire le plus court au lieu du plus sûr entre Dallas-Fort Worth et Bryan-College Station réduira le temps de trajet de 8 %. Néanmoins, la probabilité d'un accident augmente de 20 %. L'analyse suggère que prendre la route la plus longue entre Austin et Houston avec une augmentation de 11 % du temps de trajet entraîne une diminution de 1 % de la probabilité quotidienne d'accidents.

Globalement, les routes qui présentent un risque plus élevé d'accidents comprennent de mauvaises conceptions géométriques, des problèmes d'évacuation de l'eau, un manque d'éclairage et un risque plus élevé de collisions avec des animaux. En conséquence, ces experts proposent une nouvelle architecture de système pour trouver l'itinéraire le plus sûr en utilisant des systèmes de navigation, avec l'intégration d'un algorithme qui prend en compte évidemment la circulation en cours, mais aussi l'historique de la conception de la chaussée et des éventuels accidents.

La qualité de l'éclairage et de l'équipement, mais aussi la géométrie même des routes devraient être prises en compte dans le calcul d'un itinéraire. © Zafar Iqbal

Privilégier la sécurité à la durée du parcours

« Notre étude a révélé le potentiel des applications de navigation routière couramment utilisées pour orienter les utilisateurs vers l'utilisation d'une route qui comporte un risque plus élevé d'accidents, ce qui implique la nécessité de prendre en compte la sécurité dans la recherche d'itinéraires », écrit Soheil Sohrabi, coauteur de l'étude.

Dans cette nouvelle architecture du système pour trouver l'itinéraire le plus sûr, les chercheurs ont déclaré qu'après avoir reçu la destination et l'heure du voyage, l’algorithme identifierait les itinéraires en utilisant les données du réseau routier et les incidents possibles, y compris les fermetures de routes ou de voies en raison d'inondations ou d'accidents. Le système tiendrait également compte des caractéristiques routières, des données historiques sur les accidents, des renseignements sur la circulation et des conditions météorologiques actuelles. L'itinéraire présentant le risque cumulé le plus faible serait alors suggéré comme l'itinéraire le plus sûr.

« La navigation basée sur la sécurité, plutôt que sur le temps de trajet, peut permettre de prévenir les accidents et de promouvoir la sécurité globale sur le réseau routier et éventuellement sauver des vies », conclut Lord.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !