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Protégera-t-on les sites sensibles en leurrant le GPS des drones ?

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Les autorités françaises sont à la recherche d'une solution technique viable pour lutter contre le survol de sites sensibles par des drones. Parmi les options envisagées figure celle de l'école d'ingénieurs Télécom SudParis qui travaille sur un système permettant de leurrer le navigateur GPS de ces engins volants.

Les services français de la défense évaluent actuellement diverses solutions techniques pouvant permettre d’empêcher le survol de sites sensibles par des drones : canons à eau, radars de détection plus performants, brouilleurs, etc. © Nicolas Halftermeyer (travail personnel), CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons
Les services français de la défense évaluent actuellement diverses solutions techniques pouvant permettre d’empêcher le survol de sites sensibles par des drones : canons à eau, radars de détection plus performants, brouilleurs, etc. © Nicolas Halftermeyer (travail personnel), CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons
 

Conçus initialement à des fins militaires, les drones s'ouvrent aujourd'hui au grand public. Outre les applications civiles (livraison, cinéma, journalisme, agriculture...), ces appareils ont aussi un fort potentiel récréatif. Malheureusement, les règles d'usage d'un drone de loisir, qui ont été rappelées mi-décembre par la Direction générale de l'Aviation civile et qui sont contenues dans l'article L6232-4 du code des transports, ne sont pas toujours bien respectées : ces derniers mois, plusieurs sites sensibles ont été survolés sans aucune autorisation.

Jusqu'à présent, ces survols ont causé plus de peur que de mal. Aucun incident n'a été signalé. Les drones qui ont été vus à proximité du palais de l'Élysée, de certaines centrales nucléaires, de l'Assemblée nationale, de l'ambassade des États-Unis et de plusieurs zones touristiques n'ont pas provoqué le moindre dégât ni la moindre blessure. Mais cela ne durera peut-être pas. C'est pour cette raison que des réflexions sont en cours pour neutraliser les drones qui pénétreraient sans autorisation dans une zone aérienne réglementée. Car des tactiques existent, allant du tir d'un rayon laser, pour les abattre en cas de survol à basse altitude, au brouilleur, pour empêcher les communications entre l'appareil et son pilote à terre.

Les avions de tourisme et autres ULM utilisent eux aussi le positionnement GPS. Les procédés de leurres ou de brouillage devront en tenir compte pour éviter que certains se perdent... © Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences

Des obstacles techniques sont à surmonter

En France, l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques a tenu en novembre une audition publique sur la sécurité des installations nucléaires au cours de laquelle plusieurs pistes ont été mentionnées, incluant le piratage du drone pour en reprendre le contrôle et la coopération accrue avec les fabricants pour empêcher ces aéronefs d'accéder à certaines zones. Dans ce cadre, le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) a annoncé début mars une série d'expérimentations pour tester les meilleures techniques anti-drones : canons à eau, radars de détection plus précis, brouilleurs, renforcement de la régulation des drones civils (avec ajout d'une puce d'identification pour connaître le propriétaire)...

L'utilisation de leurres est aussi envisagée. C'est la piste qui est suivie par l'équipe de recherche Navigation de l'école d'ingénieurs Télécom SudParis« L'idée est de prendre le contrôle des drones dont l'itinéraire a été programmé avec des "waypoints", des points GPS enregistrés dans son navigateur et par lesquels il doit passer », explique le chercheur Alexandre Vervisch-Picois. Les drones de petite taille utilisent des récepteurs GPS et des systèmes assez sommaires », ajoute-t-il. C'est cette faiblesse qui doit être exploitée, pour faire croire au drone qu'il se trouve à un endroit alors qu'il est situé en réalité ailleurs. De cette façon, un drone pourrait être éloigné d'une zone sensible sans lui causer de dégâts et sans nécessairement éveiller l'attention de son opérateur.

« Nos signaux ont la même forme que les signaux GPS, ils sont faits de la même façon, utilisent les mêmes antennes et les mêmes bandes de fréquence, si bien qu'un récepteur GPS peut les traiter. » Mais en pratique, il y aura des obstacles à franchir : comment envoyer le signal ? Comment couvrir une zone bien précise sans se faire détecter au préalable ? Comment éviter de leurrer des systèmes GPS légitimes ?

Les travaux des chercheurs de Télécom SudParis, qui débuteront en septembre afin de produire des résultats pour 2016, s'inscrivent dans le projet ANR Angelas (Analyse globale et évaluation des technologies et méthodes pour la lutte Anti UAS, Unmanned Aerial System). Celui-ci rassemble le centre français de recherche aérospatiale Onera, des entreprises de défense (Thales, Exavision), le CEA, EDF, l'institut de criminologie de Paris et des représentants de l'armée, de la gendarmerie et de la préfecture de police de Paris.

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