Le navire Mayflower arrivant dans la baie de Plymouth en 1620. Des colons débarquent dans une chaloupe. Tableau peint par William Halsall en 1882, Pilgrim Hall Museum, Plymouth, Massachusetts, États-Unis. © Wikimedia Commons, domaine public.

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Histoire : les 13 colonies anglaises d'Amérique du Nord

Question/RéponseClassé sous :Sciences , Histoire moderne , Amérique du Nord

Au début du XVIIe siècle, l'Angleterre opte pour l'aventure coloniale en Amérique, plus d'un demi-siècle après l'Espagne et la France : elle prend progressivement possession de la façade atlantique, entre l'Acadie française et la Floride espagnole. La reine d'Angleterre Elisabeth Ire a donné l'impulsion nécessaire à un projet de peuplement, en commanditant une expédition en 1584, qui découvre la région baptisée Virginie. En décembre 1606, une centaine de personnes quittent Londres avec la mission de coloniser la Virginie : en mai 1607, la ville de Jamestown est fondée ; la Virginie devient une colonie royale en 1624. L'implantation des colons anglais réussit en grande partie grâce à l'aide des Amérindiens.

En novembre 1620, une centaine de migrants partis de Plymouth, en Angleterre, à bord du navire Mayflower, abordent la côte du Massachusetts à la hauteur du Cap Cod. Avant de débarquer, les passagers (protestants anglais et européens qui ont fui les persécutions religieuses, appelés ensuite les « Pères Pèlerins ») signent ensemble un pacte (le « Mayflower Compact ») qui jette les bases de la pratique démocratique américaine. Fin décembre 1620 est fondée la ville de Plymouth. Un an après leur arrivée, les colons survivants (grâce aux dindes sauvages et au maïs fournis par les Amérindiens), organisent le « Thanksgiving Day », célébré aujourd'hui comme l'un des mythes fondateurs des États-Unis. Puis il y a la fondation décisive de la ville de Boston en septembre 1630 : l'essor démographique est rapide (12.000 immigrants entre 1630 et 1640), la ville est dotée d'un statut officiel et crée ses institutions représentatives. Son développement économique est lié aux relations qu'elle entretient avec l'Angleterre et les Antilles. Boston s'impose comme la capitale intellectuelle de la « Nouvelle-Angleterre », avec l'université de Harvard fondée en 1636.

Le cas de New York est particulier : dès 1624 une colonie hollandaise est établie à Fort Orange, sur l'Hudson, pour pratiquer le commerce des fourrures. En mai 1626, Peter Minuit, le nouveau gouverneur nommé par la Compagnie Hollandaise des Indes Occidentales, achète l'île de Manhattan aux Indiens « Manhattes » et fonde la colonie hollandaise de New Amsterdam. En 1664, les Hollandais sont chassés de New Amsterdam par les Anglais, la ville est rebaptisée New York.

Les treize colonies britanniques d'Amérique du Nord vers 1775. © Wikimedia Commons, domaine public

Les treize colonies américaines

Fondées entre 1607 (Virginie) et 1732 (Géorgie), les treize colonies britanniques d'Amérique connaissent une croissance démographique fulgurante au cours du XVIIIe siècle : de 250.000 vers 1700, la population totale atteint 2,5 millions d'habitants en 1775. Cette croissance est liée à une émigration très importante et une démographie nettement plus dynamique qu'en Europe (mortalité plus faible, 30 ‰ et natalité plus élevée, 50 ‰).

Le régime politique adopté par les colonies est souvent le même : un gouverneur anglais est nommé par le roi ou par les grands propriétaires terriens, il est aidé par un conseil d'administration. Au temps des premières fondations, ce gouverneur dirige la colonisation et l'organisation du territoire. Ses pouvoirs vont s'élargir progressivement : il apporte son approbation à chaque loi, nomme les juges, commande la milice et peut dissoudre l'assemblée. Chaque colonie a une assemblée représentative qui vote les lois, le budget et les impôts. Seuls les propriétaires terriens ont le droit de vote. Le pouvoir législatif des colonies, confirmé par le roi, reste inférieur à celui de la métropole : les lois anglaises priment sur les lois « américaines ».

Old State House à Boston, bâtiment de l'ancienne assemblée de la colonie du Massachusetts, construit en 1713. © Wikimedia Commons, domaine public

L’économie des treize colonies

L'agriculture est une option décisive prise par les colons au XVIIe siècle : ils fondent une société paysanne unique en Amérique à cette période (il n'y a pas d'équivalent au Canada français ni en Amérique espagnole). Les conditions naturelles se prêtent à l'implantation de cultures vivrières européennes auxquelles vont s'ajouter le tabac (au XVIIIe siècle, la Virginie et le Maryland contrôlent l'essentiel du marché mondial). Les cultures tropicales de la canne à sucre et du coton s'implantent dans les colonies du sud. On assiste à la création d'une agriculture de plantations qui repose sur le travail des esclaves noirs africains, selon le schéma mis en place aux Antilles (anglaises et françaises).

Le développement commercial des treize colonies est spectaculaire mais reste soumis à la Grande-Bretagne qui veut conserver le contrôle de tous les échanges. Les importations viennent en grande majorité d'Angleterre, d'Irlande ou des Antilles britanniques (Jamaïque, Barbade). Les exportations prennent des destinations différentes suivant la nature des produits : les productions du Sud (tabac, coton, sucre) arrivent dans les ports d'Angleterre, alors que les colonies du Nord qui produisent des biens comparables à ceux de la métropole, fournissent et nourrissent les colons et esclaves des Antilles anglaises.

Port de Salem dans le Massachusetts vers 1770, par Balthazar Friedrich. © Wikimedia Commons, domaine public

Au cours du XVIIIe siècle, on observe un schéma économique très divergent entre le Nord, qui adopte le comportement d'un état autonome ayant perdu ses caractéristiques coloniales, et le Sud qui présente une économie coloniale tropicale complètement dépendante de la métropole. Cet aspect particulier du commerce extérieur des treize colonies est certainement l'une des clefs pour comprendre la rupture avec la Grande-Bretagne en 1775.

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