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Buzz : un vaisseau interstellaire en orbite autour du Soleil ?

ActualitéClassé sous :Astronomie , Rama , Arthur Clarke

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Une vidéo provenant des sondes Stereo de la Nasa semble montrer qu'un immense vaisseau en orbite non loin de Mercure a temporairement perdu son invisibilité sous l'impact des particules d'une éruption coronale du Soleil. Mais la vérité est ailleurs, selon des ingénieurs du United States Naval Research Laboratory (NRL).

Une vue d'artiste d'une des sondes Stereo observant une éruption coronale du Soleil. © Nasa

Même la technologie extraterrestre la plus en pointe, celle capable de franchir les espaces interstellaires et de construire des vaisseaux de la taille d'une petite planète, n'est pas infaillible. C'est la conclusion à laquelle il faudrait en venir si l'on en croit une vidéo mise sur YouTube et qui fait parler d'elle. D'après les commentaires de celui qui l'a mise en ligne, on y voit une curieuse forme cylindrique lumineuse apparaître brièvement, au passage d'une éjection de masse coronale, sur des images prises par l'une des sondes de la mission Stereo

Comme à son habitude, la sonde était occupée à prendre des images du Soleil et de Mercure lorsque le Soleil est entré en éruption, éjectant une brusque bouffée de plasma chaud dans l'espace interplanétaire. On voit effectivement sur la vidéo ci-dessous la propagation de cette bouffée, capable d'engloutir la Terre, et l'apparition fugace d'une forme vaguement cylindrique.

Il serait romantique d'interpréter cette image comme celle d'un vaisseau interstellaire géant de la taille de Mercure, dont le bouclier d'invisibilité a temporairement cessé de fonctionner, incapable de résister à la colère du Soleil.

Si on considère cette hypothèse, on peut se demander comment des cerveaux capables de résoudre le problème du voyage interstellaire et du camouflage d'une planète entière, n'ont pas pensé qu'il serait plus malin de parquer leur vaisseau mère sur une orbite plus éloignée du Soleil, afin d'éviter d'être repérés en cas de problème de ce genre par une certaine forme de vie carbonée sur la troisième planète principale de ce système.


Venant de la droite, une bouffée de particules résultant d'une éjection de masse coronale rejoint la planète Mercure (Mercury en anglais). © siniXster-YouTube

À moins qu'il ne s'agisse d'une relique d'une civilisation évoluée, laissée en orbite depuis des millions d'années autour du Soleil. On ne peut s'empêcher de penser, en voyant ce vaisseau cylindrique, si tant est qu'il en soit un, à celui du roman d'Arthur Clarke : Rendez-vous avec Rama. Paru en 1972, il raconte l'histoire de l'exploration d'un immense vaisseau cylindrique d'origine inconnue qui entre dans le Système solaire en 2130.

Repéré initialement par des radars terrestres en orbite surveillant des géocroisseurs potentiellement dangereux pour la Terre, il sera baptisé Rama, en hommage au dieu hindou Rama (les astronomes ayant épuisé les noms de la mythologie grecque et romaine au XXIIe siècle). Devant sa forme parfaite avec ses 50 km de long et ses 20 km de diamètre, il deviendra vite évident qu'il ne peut pas s'agir d'un corps céleste mais bien d'un vaisseau extraterrestre. Dans le roman, l'équipe du vaisseau Endeavour l'intercepte et commence son exploration alors que Rama a atteint l'orbite de Vénus.


Un court métrage montrant ce que pourrait donner un jour le roman d'Arthur Clarke s'il était porté à l'écran. © VancouverFilmSchool/YouTube

Une mission spatiale vers Mercure ?

Malheureusement, il n'y aucune chance que la Nasa se décide à construire un vaisseau capable d'emmener des Hommes en direction de Mercure pour explorer un hypothétique analogue de Rama, et pas seulement parce qu'il faudrait un bouclier magnétique pour protéger les astronautes des colères du Soleil.

En effet, interrogés sur ces images, deux des ingénieurs membres de l'United States Naval Research Laboratory (NRL), le laboratoire en charge de l'analyse des images prises par la caméra Heliospheric Imager-1 (HI-1) de la mission Stereo (précisément l'instrument dont proviennent les images de la vidéo sur YouTube), sont catégoriques.

Pour Russ Howard, responsable scientifique du groupe LNR, et Nathan Rich, il s'agit d'un artefact du traitement des images.

Ils expliquent que pour rendre visibles les mouvements du plasma coronal sur l'image, il faut faire la soustraction d'un fond parasite et pour cela traiter deux images prises à des dates différentes. Si les étoiles restent fixes, il n'en est pas de même pour la position de Mercure. Le résultat final du traitement des images est donc l'apparition fugace d'une pseudo-structure extraterrestre.

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