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Enfant surdoué : l'importance d'un diagnostic précoce

Dossier - Enfant précoce, enfant surdoué : gérer la précocité
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À quoi reconnaît-on un enfant précoce ? Comment réagir et mettre en place une prise en charge adaptée ? Comment gérer l'enfant surdoué en parallèle avec ses frères et sœurs ? Quels sont les problèmes engendrés ?

  
DossiersEnfant précoce, enfant surdoué : gérer la précocité
 

Pour ces enfants particuliers, un dépistage de précocité intellectuelle s'impose le plus tôt possible afin d'éviter des enkystements psychiques, affectifs, relationnels ou l'émergence de contreréactions inadaptées et pernicieuses de la part de l'entourage capables d'instaurer de véritables cercles vicieux comportementaux pouvant gâcher trop longtemps voire irrémédiablement leurs talents, leurs relations et leur inscription existentielle.

Enfant surdoué. © Sobima, Pixabay, DP

Mais ne tombons pas dans le piège alarmiste et inflationniste qui tend à vouloir nous exhiber des enfants intellectuellement précoces en réelle souffrance relationnelle ou scolaire. Loin d'être un martyr, une sorte d'alien, un incompris laissé pour compte, la clinique de l'EIP bien dans sa peau ou en difficulté interroge la capacité de certaines familles ou institutions dysfonctionnelles à revoir leur copie. Un autre excès consiste, en cas de diagnostic avéré de précocité intellectuelle, à tenter d'exploiter au maximum une faculté intellectuelle valorisée par la famille ou la société au détriment d'autres dimensions développementales et de l'épanouissement harmonieux de la personnalité de l'enfant. (Cf. film : Le Petit homme Tate).

Diagnostiquer tôt un enfant surdoué permet d'adapter son éducation. © Aophoto-Morguefile

Ne pas réduire l'enfant surdoué à ses capacités intellectuelles 

Trop stimulé et valorisé dans son avance intellectuelle et sa réussite par rapport aux enfants de sa même classe d'âge, l'EIP risque de s'enfermer dans une sorte de sublimation de l'intellect au caractère boulimique jubilatoire au détriment d'autres facultés nécessaires à son plein développement, notamment ce qui touche les domaines psychomoteurs et créatifs.

Renforcés narcissiquement par leurs prouesses intellectuelles sous le regard admiratif de leur entourage et par leurs réussites au niveau scolaire, certains EIP, mal structurés par un défaut d'éducation précoce, se construisent de fait un ego surdimensionné sous le joug d'une toute puissance imaginaire qui trouve trop rapidement et facilement son terrain d'expression. Ne trouvant pas d'obstacle à leur réussite et à leurs demandes, ces enfants présentent très souvent un défaut de tolérance à la frustration dont témoigne leur grande impatience dans leurs réalisations pratiques et scolaires et leurs demandes ou quêtes affectives.

Dans les cas majeurs d'une mauvaise éducation, un ego constitué grandiose et sans retenue se constitue, qu'on appelle moi mégalomaniaque, qui arrive à pousser l'enfant dans l'indiscipline ou l'opposition (soit active soit passive) au regard des exigences ou consignes d'ordre éducatif ou scolaire.

Ces débordements, douloureux pour l'enfant et l'entourage, doivent être au plus vite recadrés par des limites à ne pas dépasser, si l'on ne veut pas se voir constituer chez eux un moi grandiose source d'angoisse, d'agitation, de caprices, d'agressivité, de colères, de bouderies ou d'états d'inhibition et de dépression chronique générant petits et grands conflits avec l'entourage, et qui finissent à la longue par rendre ces enfants très fatigants voire insupportables par l'action de cette énergie qu'ils déploient en permanence à vouloir arriver à leurs fins.

Comme nous l'avons déjà dit, il est donc indispensable de poser très tôt des limites, des règles de vie claires et indiscutables afin qu'ils puissent intégrer profondément des lois qui les aideront à s'autodiscipliner en vue d'une bonne future socialisation nécessitant tolérance à la frustration et capacité de négociation.