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Sida : prendre les antirétroviraux dès le diagnostic réduit la mortalité

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Un vaste essai clinique international baptisé Start révèle que prendre des antirétroviraux dès le diagnostic d'une infection par le virus du Sida (VIH) réduit fortement le risque de mortalité et d'autres complications.

Les particules de VIH, qui apparaissent ici en vert sous microscopie à balayage électronique, s'attaquent aux lymphocytes T4, des cellules fondamentales du système immunitaire. À terme, ce sont toutes les cellules immunitaires qui en pâtissent, le patient déclenche alors le Sida et devient sensible à toute infection. © C. Goldsmith, Wikipédia, DP

L'étude appelée Start (Strategic Timing of Antiretroviral Treatment) a été arrêtée un an plus tôt que prévu pour ne pas mettre en danger la santé des patients. Financée en grande partie par l'institut américain des Allergies et des maladies infectieuses (NIAD), elle avait débuté en mars 2011 dans 35 pays avec 4.685 hommes et femmes infectés par le VIH, âgés d'au moins 18 ans avec un âge médian de 36 ans. Environ la moitié des participants ont été choisis au hasard pour commencer une thérapie antirétrovirale immédiatement après le diagnostic. L'autre moitié devait l'entamer plus tard, lorsque leur taux de cellules immunitaires CD4 tombait à 350 cellules par millimètre cube de sang, soit en dessous de la normale.

Cependant, les données préliminaires ont montré que les personnes atteintes du VIH et qui étaient traitées sans attendre avaient 53 % moins de risques de décéder ou de développer des maladies liées à l'infection par rapport à un groupe témoin qui avait quant à lui commencé le traitement plus tard, alors que le système immunitaire s'affaiblissait.

Ces données ont été combinées à celles d'études précédentes montrant que les antirétroviraux réduisent nettement le risque de transmission du VIH à des partenaires sexuels sains. Selon les chercheurs, ce traitement devrait donc être offert à toutes les personnes infectées.

Le médicament Zerit, qui a pour principe actif la stavudine, est l'un des traitements antirétroviraux qui peuvent être prescrits contre le VIH. Pris à bon escient, il permet à l'organisme de détruire une bonne partie du VIH à tel point qu'il paraît indétectable. Cependant, à l'arrêt des traitements, l'infection reprend. Les chercheurs ont remarqué que le virus se cachait dans des cellules réservoirs et restait dans un état de latence. Si l'infection se limite à cela, alors elle peut ne pas être mortelle. © MikeBlyth, Flickr, CC by-nc-sa 2.0

35 millions de personnes infectées par le VIH

Cette étude est la première aussi étendue à démontrer qu'un traitement antirétroviral pris dès le début de l'infection est bon pour toutes les personnes séropositives, soulignent les chercheurs. « Nous avons désormais la preuve irréfutable d'un gain beaucoup plus grand pour la santé d'une personne infectée par le VIH de commencer une thérapie antirétrovirale plus tôt que plus tard », a déclaré Anthony Fauci, directeur de l'institut américain des Allergies et des maladies infectieuses. « De plus, une thérapie précoce non seulement améliore la santé des personnes infectées mais, en même temps, réduit leur charge virale et du même coup le risque de transmettre le VIH à d'autres », a-t-il fait valoir.

On estime à 35 millions le nombre de personnes infectées par le VIH dans le monde et seulement à quelque 13 millions ceux qui bénéficient de ce traitement, selon les derniers chiffres. Bien que les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) recommandent de débuter le traitement antirétroviral immédiatement après le diagnostic, seuls un tiers des séropositifs sont traités, un grand nombre semblant ignorer être infectés car ils n'ont pas réalisé de test.

Dans les pays en développement, étendre le traitement antirétroviral à tous les séropositifs serait très coûteux et requerrait une forte augmentation de l'aide octroyée, notamment celle du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme et celle du programme américain Pepfar. Dans les deux cas, les budgets stagnent ces dernières années.

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