La moelle épinière ne se régénère pas. Toutefois jusqu’à aujourd’hui… Des chercheurs du Johns Hopkins University School of Medicine ont réussi à soigner des lésions de moelle épinière de rats et à remettre sur pieds les rongeurs. Une belle avancée qui donne un peu d'espoir aux paralysés.
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La « moelle épinièremoelle épinière touchée » est souvent synonyme de paralysie. En effet, les axonesaxones, qui constituent la moelle épinière, ne peuvent pas repousser après rupture, et aucun médicament actuel n'est capable de favoriser la croissance des prolongements de neurones. La sialidasesialidase, d'origine bactérienne, pourrait bien faire changer ce fait établi.

Les neuronesneurones sont naturellement inhibés dans leur régénération par une moléculemolécule, du nom de MAG, qui agit en se fixant sur un type particulier de sucressucres, les sialoglycanes, situés à la surface des axones. Ce processus est important pour le système nerveux puisqu'il stabilise les connexions neuronales établies au cours du développement. Dans le cas de lésions de la moelle épinière, il faudrait pouvoir stopper l'action de la MAG pour activer la croissance axonale.

Or, la sialidase, une enzymeenzyme, a pour propriété de détacher spécifiquement les sialoglycanes de la surface des axones. Ainsi, MAG ne se pourrait plus se fixer et la croissance de l'axone ne serait plus inhibée. Cette théorie avait été démontrée précédemment sur des greffonsgreffons, où les chercheurs avaient mis en évidence une croissance axonale après traitement à la sialidase.

Image du site Futura Sciences

Une coupe de moelle épinière fait apparaître une forme en papillon, correspondant à la substance grise au centre, entourée de la substance blanche. © Licence Commons

Amélioration de la mobilité

Cette fois-ci, les chercheurs sont allés plus loin. Des rats dont les lésions de la moelle épinière étaient suffisamment importantes pour causer la perte de la fonction des membres inférieurs ont été traités par l'injection continuelle de sialidase dans la colonne vertébralecolonne vertébrale au niveau des lésions pendant deux semaines. Trois semaines plus tard, les tests effectués sur ces rats ont montré des signes très encourageants.

L'injection de l'enzyme améliore la mobilité des membres inférieurs (15,6 contre 12,6 points BBS, échelle de mesure de la locomotion), la croissance des axones et la fonctionnalité du système nerveux, par rapport à l'injection d'eau saline. Ainsi, l'enzyme bactérienne est un bon candidat pour un futur médicament. Elle a en outre d'autres avantages : elle est facile à purifier en grande concentration, elle reste stable même après 12 jours de traitement et ne semble pas provoquer d'effet toxique sur les tissus traités.

Il faut toutefois rester prudent : bien que l'amélioration de la mobilité soit significative d'un point de vue statistique, elle n'est pas très élevée. De nouvelles études sont en cours pour essayer d'augmenter l'efficacité de la sialidase, et des tests sur des humains devront évidemment être réalisés pour confirmer ces résultats.