Les médecins de l'hôpital Saint-Paul, de Vancouver, se rappelleront longtemps de ce patient, auquel ils ont tenté de poser un cathéter. Et pour cause: le sang qu'ils ont obtenu était vert, d'un beau vert sombre, qu'ils ont comparé à "la pelure d'un avocat bien mûr".
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Sachant qu'ils ne se trouvaient pas en présence d'un Vulcain, race célèbre de la célèbre série Star Trek et dont le sang contient du cuivrecuivre à la place de ferfer, les médecins ont aussitôt entrepris une série d'analyses pour tenter de comprendre le phénomène.

Le malade était hospitalisé pour avoir développé un syndromesyndrome des loges, une pathologiepathologie rare qui atteint généralement les membres inférieurs, souvent provoquée par un traumatisme musculaire important. Les muscles sont composés de fibres reliées en faisceaux, contenus dans une membrane solidesolide et peu élastique nommée aponévroseaponévrose, c'est la "loge musculaire". Un effort important, comme la pratique intensive d'une activité sportive, peut augmenter l'irrigationirrigation sanguine d'un facteur 20, et en conséquence le volumevolume du muscle. La loge aponévrotique n'étant pas extensible, le muscle se trouve ainsi asphyxié, le réseau veineux ne pouvant plus assurer le retour du sang. La douleurdouleur qui en résulte force alors à l'arrêt de l'activité. Dans le cas du patient de Vancouver cependant, ce n'est pas un effort qui avait provoqué l'asphyxieasphyxie musculaire, mais le fait qu'il s'était endormi... en position agenouillée, cas beaucoup plus rare.

Restait à comprendre pourquoi le sommeilsommeil était survenu dans ces conditions étranges. L'analyse sanguine, effectuée par le Dr Flexman, devait fournir la réponse : il avait simplement abusé d'un médicament, le Sumatriptan (nom commercial en France : Imigrane), un antimigraineuxantimigraineux qui, pris à forte dose, provoque l'apparition dans le sang par réaction chimiqueréaction chimique de sulfhémoglobine, un dérivé de l'hémoglobinehémoglobine de coloration verte. Rassurés, les médecins ont simplement interrompu le traitement antimigraineux du patient, dont le sang a rapidement repris une coloration normale.

Bien que paraissant plausible, l'hypothèse de la coloration du sang par réaction avec le Sumatriptan n'a toutefois pas été démontrée formellement, s'agissant d'un cas unique dans les annales de la médecine.