Une patiente américaine avait mal à son auriculaire gauche depuis une semaine. À l’hôpital, les médecins ont découvert qu’elle avait des bactéries dans le doigt, les mêmes que celles de la tuberculose. La localisation de cette infection demeure très rare.
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Vous ne regarderez peut-être plus vos mains de la même façon en apprenant ce qui est arrivé à cette femme californienne. Son cas est décrit précisément dans un article de deux scientifiques de l'université de Californie à San Francisco qui paraît dans la revue New England Journal of Medicine.

Lorsque la patiente de 42 ans s'est présentée à l'hôpital, elle avait mal depuis une semaine à son petit doigt gauche. Rougi, celui-ci avait doublé de volumevolume. La patiente a expliqué aux médecins qu'elle n'avait pas été blessée à cet endroit. Ils lui ont donc fait passer des examens pour comprendre la cause de ces symptômessymptômes.

La radioradio et l'IRMIRM du petit doigt ont montré que les tissus de la patiente étaient gonflés mais qu'il n'y avait pas d'anomalieanomalie de l'os. Grâce à une biopsiebiopsie du dermederme, les médecins ont découvert la présence de bactériesbactéries en forme de bâtonnetsbâtonnets : des bacillesbacilles. Les micro-organismesmicro-organismes ont été mis en culture afin d'être identifiés et les analyses ont montré qu'il s'agissait de Mycobacterium tuberculosis. Cette bactérie est responsable de la tuberculose, une infection qui touche généralement les poumonspoumons.

Photographie du doigt de la patiente. © Mandal et Margaretten 2018, <em>New England Journal of Medicine</em>

Photographie du doigt de la patiente. © Mandal et Margaretten 2018, New England Journal of Medicine

La tuberculose se logeait dans son auriculaire gauche

La tuberculosetuberculose est une maladie très contagieuse qui se transmet par voie aérienne, lorsqu'une personne infectée tousse ou éternue. Elle conduit à de la toux, de la fièvrefièvre, de la fatigue, des sueurs nocturnesnocturnes, une perte d'appétit et donc de poids ; non traitée, la tuberculose peut être mortelle. La maladie se traite par des antibiotiquesantibiotiques.

Les bactéries se trouvaient bien dans le petit doigt de la patiente : c'est un cas assez exceptionnel de localisation extra-pulmonaire de la tuberculose. En effet, la bactérie n'infecte pas que les poumons, mais aussi d'autres organes comme les os, le système nerveux, le reinrein, l'intestin... Ici, la patiente avait un terrain médical qui a pu favoriser cette infection inhabituelle. En effet, elle souffrait d'une maladie auto-immune, le lupus, et prenait pour cela des médicaments : l'acideacide mycophénolique, un immunosuppresseur, et la prednisone, un corticostéroïdecorticostéroïde.

Les auteurs de l'article soulignent que les médecins doivent connaître ce risque chez des patients immunodéprimés. Quand le système immunitairesystème immunitaire fonctionne correctement, il peut éliminer la bactérie et empêcher que celle-ci ne se propage dans l'organisme. Mais les personnes immunodéprimées ont plus de difficultés à lutter contre la bactérie ; c'est une raison pour laquelle beaucoup de personnes infectées par le VIH meurent de tuberculose.

Le saviez-vous ?

En 2016, 1,7 million de personnes sont décédées de la tuberculose dans le monde. Le traitement de la maladie est compliqué par les résistances aux antibiotiques des souches. En 2016, il y a eu 490.000 cas de multirésistances, d’après l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

Le mari de la patiente avait fait un voyage en Chine et s'est mis à tousser après son retour : les médecins lui ont diagnostiqué une tuberculose. C'est lui qui a dû transmettre la bactérie à sa femme. Bizarrement, celle-ci n'avait pas de symptômes respiratoires et sa radio des poumons était normale. Pendant neuf mois, la patiente a suivi un traitement contre la tuberculose, utilisant quatre médicaments. Elle a été complètement guérie.