Le champion de natation Michael Phelps est apparu aux JO de Rio avec des cercles rouges sur le corps : les traces d’une thérapie par ventouses ou « cupping ». © Fernando Frazão, Agência Brasil, Wikimedia Commons, CC by 3.0

Santé

JO 2016 : les marques rouges révélatrices de Michael Phelps

ActualitéClassé sous :médecine , Michael Phelps , natation

Que sont ces curieuses taches rouges sur le corps du nageur américain Michael Phelps, présent aux Jeux olympiques de Rio ? Simplement les marques laissées par une thérapie par succion (cupping en anglais). Celle-ci est censée améliorer la récupération musculaire des sportifs mais reste sans grand fondement scientifique.

Le corps du champion de natation américain Michael Phelps s'est présenté aux écrans lors des Jeux olympiques de Rio couvert d'étranges taches en forme de gros points rouges. Ces ronds sont les traces laissées par une thérapie : le « cupping », ou technique des ventouses, héritée de différentes médecines traditionnelles.

La thérapie des ventouses consiste à attacher des coupelles circulaires sur la peau. L'adhésion se fait par une succion créée soit par la chaleur soit par aspiration. La succion fait remonter la peau dans la coupelle, ce qui augmente le flux de sang et de lymphe dans cette zone, réduit la tension musculaire, et favorise la récupération. Cependant, la thérapie fait aussi éclater des petits vaisseaux, d'où les marques circulaires qui peuvent persister plusieurs jours, voire des semaines.

Alors si le champion de natation multimédaillé l'utilise, cette technique doit bien être efficace, non ? Bien que les athlètes affirment ressentir les bénéfices de cette thérapie, les preuves scientifiques manquent un peu. Différentes petites études ont suggéré que la thérapie des ventouses peut réduire la douleur.

Par exemple, une étude de 2011 portant sur 50 personnes souffrant de douleurs l'a testée avec cinq séances de ventouses sur deux semaines. Les participants qui ont suivi la thérapie ont ressenti une diminution de leur douleur par rapport à ceux qui n'avaient pas de traitement. Toutefois, dans cette étude, les témoins ne recevaient aucun traitement ; il est donc difficile de savoir si les effets des ventouses résultaient simplement d'un effet placebo. Pour le savoir, il faudrait que les participants ne sachent pas s'ils reçoivent le traitement ou pas, ce qui est compliqué avec une thérapie qui laisse des traces rouges...

La peau est aspirée dans la coupelle, ce qui favoriserait le flux sanguin et la récupération musculaire. © norikko, Shutterstock

Le cupping, thérapie antidouleur ou simple effet placebo ?

Pour savoir si les bienfaits du cupping sont un simple effet placebo, certains ont imaginé un faux traitement (sham, en anglais) similaire au vrai. Ainsi, dans une étude pilote de 2015, des chercheurs allemands de l'université de Duisbourg et Essen ont testé la thérapie du cupping chez des patients souffrant de fibromyalgie. Il s'agit d'une maladie chronique causant des douleurs et une raideur musculaire ; elle se caractérise par de la fatigue, de la dépression et des problèmes de sommeil.

Les chercheurs ont comparé deux traitements, un vrai et un faux, qui utilisaient les mêmes types de coupelles, mais, dans le faux traitement, les coupelles avaient un trou pour ne pas créer de véritable succion. Cent quarante et un patients souffrant de fibromyalgie ont participé ; leur moyenne d'âge était de 55,8 ans et il y avait 139 femmes. Ils ont été séparés en trois groupes : l'un a suivi une thérapie par ventouses, un autre groupe une fausse thérapie et le troisième des soins classiques.

Malgré ce stratagème, la plupart des patients ont deviné s'ils recevaient le vrai ou le faux traitement. Après l'expérience, ceux ayant eu le cupping ressentaient significativement moins de douleur que ceux ayant reçu un traitement classique, mais il en était de même pour les personnes ayant bénéficié du faux traitement ! L'effet antidouleur des ventouses ne semble donc pas vraiment dû à la succion.

Même si les études sont nombreuses sur le sujet, la plupart seraient de faible qualité, comme le montre une revue de littérature chinoise parue en 2012.

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