Santé

Diabète : comment mieux prendre en charge tout en réduisant les coûts ?

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Le diabète coûte cher, pour des résultats qui ne sont pas toujours au rendez-vous. Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire s'interroge sur les moyens de limiter les dépenses tout en gagnant en efficacité. Et suggère que le défi peut être relevé.

L'injection d'insuline reste le traitement classique contre le diabète, car cette hormone permet de faire baisser la glycémie pour que les niveaux sanguins de sucres restent dans les normes. © Momboleum, Flickr, cc by nc nd 2.0

Des hospitalisations toujours plus fréquentes. Des renoncements aux soins. Des coûts toujours plus élevés pour des résultats décevants. Dans le cadre de la Journée mondiale du diabète (ce 14 novembre), les auteurs de la dernière livraison du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) dressent un sombre tableau de la maladie en France. Il n'en fallait pas plus aux rédacteurs pour s'interroger : peut-on mieux faire sans dépenser plus ?

Aujourd'hui, la France compte 3,5 millions de diabétiques et 400 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque jour. Alors que la prévalence du diabète traité a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie (de 1,6 à 2,9 millions de patients), le coût global de la prise en charge est passé de 7,1 milliards d'euros en 2001 à 12,5 milliards d'euros en 2007, dont 4,7 milliards liés à l'hospitalisation. En 2010, ce coût atteignait 17,7 milliards d'euros.

Dans son éditorial, André Grimaldi, diabétologue au CHU de la Pitié-Salpêtrière (Paris), dresse deux constats : un renoncement trop important aux soins par certains patients pour des raisons financières, et le nombre d'hospitalisations toujours trop élevé qui, au final, coûte de plus en plus cher.

Des dépenses qui ne donnent pas les résultats escomptés

En 2007, plus de 23 % des diabétiques de type 1 et 17 % de ceux de type 2 déclaraient avoir renoncé à un service de santé du fait de son prix. Pour André Grimaldi, « la couverture maladie des patients diabétiques en France, bien qu'apparemment complète, demeure imparfaite ». Les renoncements s'expliqueraient à la fois par des raisons financières donc (certains pans de la prise en charge des patients restant non remboursés) et « sans doute par la complexité des dispositifs de protection sociale, des choix assurantiels, etc. ».

L'obésité constitue l'un des facteurs de risque du diabète. La prévenir est l'une des solutions pour limiter les risques de présenter la pathologie. © Tobyotter, Flickr, cc by 2.0

Autre motif d'inquiétude, « malgré des sommes croissantes consacrées par l'assurance-maladie aux diabétiques (12,5 milliards d'euros en 2007 et plus de 15 en 2013), les résultats sont décevants », analyse l'éditorialiste. « L'équilibre glycémique reste insuffisant chez les diabétiques de type 1 comme chez les type 2. [...] Les complications sont toujours aussi fréquentes. En conséquence, les hospitalisations restent nombreuses : environ un tiers des patients sont hospitalisés chaque année. »

Pour André Grimaldi et au vu de ces observations, « les décideurs pourraient être tentés de réviser l'allocation des moyens en remettant en cause l'accès à l'ALD [affection de longue durée, prise en charge à 100 % par l'assurance-maladie, NDLR] pour tous les patients diabétiques. [...] Le droit à l'ALD pourrait à l'avenir être réservé aux patients les plus pauvres et à ceux ayant un diabète qualifié de grave justifiant un traitement spécifique. »

Dépenser moins pour plus de réussite contre le diabète

Selon le diabétologue, ces remises en cause reviendraient à oublier que « l'essentiel du traitement du diabète repose sur la prévention. La prise en charge en ALD est corrélée à un meilleur suivi et à de meilleurs résultats. [...] Sans compter que cette amélioration de la prise en charge a entraîné de remarquables progrès : diminution de l'incidence de l'insuffisance rénale des diabétiques de type 1 et baisse de l'incidence de l'infarctus du myocarde des patients diabétiques de type 2, et ce malgré l'augmentation de l'obésité et le taux encore élevé de tabagisme. »

En clair, à la question « est-il possible de faire mieux sans dépenser plus ? », le diabétologue apporte un grand oui. « Entre autres, si les acteurs sont prêts à réviser le contenu du "panier de soins" pris en charge à 100 %. Mais aussi en respectant la règle du "juste soin au juste coût", en évitant les hospitalisations inutiles pour "bilan" et en mettant en place une éducation thérapeutique ambulatoire, en ville et à l'hôpital, adaptée aux besoins réels des patients. »

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