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En bref : les chauves-souris, dangereux vecteurs de maladies mortelles

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Ébola, Marburg, rage et peut-être MERS-CoV : les chauves-souris seraient le réservoir de nombreuses maladies mortelles pour l'Homme ou les animaux, dont certaines sont à l'origine d'épidémies dévastatrices. Des chercheurs du Cirad enquêtent actuellement pour comprendre les mécanismes de contamination et mieux enrayer la propagation des agents pathogènes.

De véritables enquêtes sont nécessaires pour remonter la piste des virus pathogènes. Ici, Mathieu Bourgarel, chercheur au Cirad, vient de capturer une roussette (Rousettus aegyptiacus) dans une grotte du Gabon. © Cirad, J. L. Albert

« Tous les mécanismes de contamination ne sont pas encore connus », souligne Mathieu Bourgarel, chercheur au Cirad, Centre de recherche agronomique pour le développement. Les scientifiques savent toutefois que les chauves-souris, deuxième famille de mammifères en nombre après les rongeurs, souillent les végétaux par leurs fluides corporels, comme l'urine, les déjections ou le placenta lors de la mise bas. Ensuite les fruits infectés sont consommés par les populations humaines et animales. « Nous menons de véritables enquêtes policières pour mieux comprendre comment circule un agent pathogène, poursuit le chercheur. Le travail de détection de l'agent infectieux chez les espèces animales potentiellement en contact avec les humains est ardu car le plus souvent on ne décèle chez la chauve-souris que des fragments de virus. »

Pour mieux prévenir et lutter contre les épidémies virales, les scientifiques tentent de déterminer les facteurs d'émergence d'une maladie. Ainsi, pour la fièvre hémorragique Ébola, qui sévit actuellement en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone depuis le mois de mars, « il existe un phénomène cyclique d'apparition des épidémies chez l'Homme », indique Mathieu Bourgarel. Tous les cinq ou six ans environs, une flambée se fait jour. « Ce phénomène pourrait être lié aux cycles particuliers de fructifications des arbres, entraînant des regroupements massifs de chauves-souris. »

Les chercheurs ont par ailleurs mis en évidence que le nombre d'espèces de virus dépendait du poids, de la taille et de la forme de l'aire de distribution de l'espèce de chauve-souris. À travers le monde, et en particulier en Afrique et en Asie, les chercheurs du Cirad mènent des études sur les mammifères volants. Plus récemment, l'organisme a également été sollicité pour développer des travaux sur le virus MERS-CoV. Si le dromadaire a été identifié comme vecteur, les chauves-souris et les rongeurs pourraient là encore être les réservoirs primaires de ce virus.

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